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Automne

Depuis hier, c’est l’automne.

Le soleil est passé de l’autre côté de l’équateur, c’est au tour de l’hémisphère sud d’être plus proche du soleil… Équinoxe. J’aime ces phénomènes qui nous dépassent, qui nous rappellent notre place dans l’univers, ces alignements, ces trucs physiques qui régissent toute notre vie et dont on sait encore si peu de choses…

23 septembre. Fin de la saison chaude. Début de la saison froide.

Et Hier, 23 septembre, jour de l’automne, il pleuvait. Il a plu, toute la journée. Il faisait froid. Le premier vent froid qui rafraichit les maisons à la moindre fenêtre entr’ouverte. Le premier gros vent qui fait tomber quelques feuilles, encore un peu vertes, des arbres les plus précoces.

Il y a quelques semaines, je me souviens que j’étais catastrophée de voir l’été se terminer, avec l’impression de ne pas avoir eu ma dose de soleil (oui, j’habite la seule région où il a fait mauvais en août et début septembre).

Et puis, ce week-end, j’ai regardé la pluie, j’ai fait du rangement dans mes placards, j’ai ressorti des vestes, des robes en laine, des blousons, des foulards. J’ai retrouvé de jolies couleurs, des matières un temps oubliées, et j’étais heureuse de les remettre sur mes étagères.

Je suis assez bien en phase avec le cycle des saisons, je crois. Je les aime toutes. Mon corps a besoin de cet éternel recommencement, de ces cycles.

Mon fils de 7 ans m’a dit hier « maman, je suis content que ce soit l’automne. Tu sais pourquoi ? Parce qu’on va pouvoir aller ramasser des feuilles mortes. ». Il avait un petit sourire malicieux, grâce auquel je suis retombée en enfance, moi aussi. Et oui, pourquoi pas ? C’est chouette de ramasser des feuilles mortes. De marcher dans les sous-bois humides en cherchant des champignons et en essayant de deviner d’où viennent les coups de feu des chasseurs. De nouer une écharpe chaude autour de son cou et de réchauffer ses mains autour d’un chocolat chaud. De faire une flambée les soirs humides et des soupes de potiron.

C’est l’automne.

Pour fêter ce premier week-end froid et pluvieux, on a fait du pain, dimanche. Du bon pain complet à la farine bio aux cinq céréales, dont on a malaxé la pâte levée, tiède et douce dans nos six mains, pour en faire huit petites miches. Chacune fourrée différemment (sans surprise, pour mes garçons le choix s’est porté sur les pépites de chocolat. Et il y a eu bien plus de pépites dans les petites bouches que dans les pains).

On y a ajouté des graines de pavot, des raisins secs, ou encore des amandes effilées. De petits pains surprise qui ont ravi nos papilles ce matin au petit déjeuner. Et qui ont embaumé de leur parfum toute la maison.

Finalement, c’est bien, l’automne, aussi.

Ce week-end, c’est aussi celui où ma mamie a choisi de s’éteindre. Elle s’est battue, elle a lutté, elle a attendu celui qui était loin, celui qu’elle voulait voir, son troisième fils. Elle n’a pas eu la force d’ouvrir les yeux quand il est arrivé près d’elle, mais elle a entendu sa voix, et puis elle est partie, soulagée. Le devoir accompli, laissant derrière elle la sérénité et la paix qu’elle avait organisées depuis que les médecins avaient annoncé la fin.

Elle aurait eu 90 ans, cet automne.

Elle a été forte, courageuse, battante, soumise aussi, d’une certaine manière, mais toujours si indépendante. Elle a pris le temps de dire au-revoir à tout le monde. Sans cri, sans larme, sans désespoir, un au-revoir serein et plein d’amour, avec quelques recommandations pour chacun. Les derniers mots qu’elle m’avait dit, c’est « il faut aimer. Il n’y a rien d’autre qui compte ». J’avais répondu « oui mamie », la gorge nouée, et elle avait raccroché.

Heureusement, il y a toujours ces pains, qui sentent si bons. Les mains dans la pâte, pour se souvenir de l’essentiel.

Ce week-end, c’était l’automne. Et il a plu dehors comme sur mes joues.

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Ecriture

Tadaaaam !

Et voilà !
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Mon livre, mon témoignage sur le désir d’enfant et l’infertilité, mon bébé, est paru !

Il est publié chez Fauves Editions, vous le trouverez :

Il retrace, sous forme de journal, presque deux ans d’attente pour tomber enceinte. Le récit commence au bout de 7 mois d’essais, lorsque les questions commencent à se poser, lorsque l’attente devient longue. Puis viennent les premiers examens médicaux, le doute qui s’installe, la douleur qui monte, mois après mois.

Il aborde à la fois le parcours technique (examens médicaux, visites chez le gynéco, suivis) et psychologique : comment gérer cette attente, lorsque personne ne peut vous dire si ça va fonctionner un jour ou jamais, comment gérer la réaction des autres, la jalousie face aux grossesses des proches, comment concilier vie professionnelle et examens médicaux contraignants.

Un témoignage brut, une mise à nu aussi, parce que publier son journal, c’est une démarche difficile.

J’ai peur. Peur de vos réactions, à vous lecteurs, peur de me mettre un peu en danger en me dévoilant autant, peur de ne pas intéresser, peur de choquer, peur de ne pas plaire.

Mais je suis aussi et surtout surexcitée, enthousiaste, heureuse, d’avoir la chance de vivre cette aventure.

J’attends vos avis, avec impatience et un peu de stress, aussi…

 

 

Ecriture

Fébrile…

Je suis fébrile.

Tout est prêt.

J’ai validé la dernière version mise en page, non sans stress de laisser des coquilles ou des erreurs. Je voudrais tellement que tout soit parfait, mais sur 300 pages, comment être sûre d’avoir tout vu ?

J’ai choisi la photo pour la couverture, après moult échanges et tergiversations, recherches sur les banques d’images et dans mes archives, et réflexions sur cette toute première impression qu’aura le lecteur.

J’ai changé le titre, validé par l’éditeur.

J’ai rédigé une quatrième de couverture et une petite bio, les ai modifiées avec l’éditeur, après encore de nombreux échanges de mails.

J’ai fait des séances photos pour accompagner la bio, et encore des photos parce que ça n’allait jamais. Le fond n’était pas neutre, je ne souriais pas assez, je me trouvais moche, la photo était floue… pas évident de poser…!

Et là, tout est prêt.

J’essaie de me reposer car ces jours-ci, je n’ai plus rien à faire, juste attendre le top départ, la date, celle qui va tout enclencher, la date de sortie.

J’essaie de me reposer mais je n’arrive pas à dormir.

Je prends des plantes pour m’aider à gérer le stress, je fais du yoga, seule dans ma chambre pour respirer et me détendre, mais la panique monte.

Bientôt, tout bientôt, l’aventure commencera. Elle a déjà bien commencé, mais maintenant la partie publique va démarrer et c’est ce qui me fait peur. Ce qui attire, évidemment, aussi.

J’ai la trouille d’être lue, la trouille de ne pas être lue, la trouille de me livrer, la trouille de la réaction de ma famille, de mes proches, de mes collègues, mais aussi de vous tous. J’ai peur que tout ça m’échappe, et évidemment ça va m’échapper. Jusqu’à la semaine dernière, le texte était entre mes mains. En format modifiable. Maintenant il est parti, en PDF, je ne maîtrise plus, il ne m’appartient plus, il vous appartient.

Chacun fera de ces lignes, de mes mots, ce qu’il veut. Il les aimera ou ne les aimera pas. Il sera ému ou déçu. Il accrochera ou n’accrochera pas.

Et moi, je dois prendre du recul, laisser faire, parce que je ne maîtrise plus…

La suite au prochain épisode…

Ecriture, liberté

Témoignage

Une éternité que je n’ai pas écrit ici.

Aucune raison, enfin plein qu’il serait compliqué de retracer ici. Un petit mélange de manque de temps, de confusion de l’esprit, de ressentis compliqués qu’il m’est maintenant très difficile d’écrire quelque part.

Je ne me suis jamais remise d’avoir été lue et jugée par celui qui partage ma vie. Dès que mes pensées sont un peu trop intimes, ou trop excessives, dès qu’elles pourraient le déranger, je n’ose plus les écrire nulle part. Ni ici, ni sur mon carnet, je ne me sens plus en sécurité. J’y travaille, j’essaie de reprendre ma liberté et de lutter contre l’automatisme qui me pousse à me conformer à ce qu’il veut que je fasse, et à ce qu’il veut que je sois.

Donc, dans cette optique, je reviens ici. Continuer à écrire, braver la peur.

Mon témoignage sur la PMA va sortir très prochainement, d’ici quelques jours ! Je n’ai pas encore la date, mais je suis en train de corriger la dernière version mise en page. Sans doute d’ici quinze jours.

La sortie de mon livre m’occasionne des sentiments complexes. Positifs, globalement, très positifs même, mais mêlés à l’angoisse de me livrer sur la place publique. C’est un témoignage intime, fort, et il faut passer au-delà de la pudeur, de la crainte du jugement. J’y travaille et je progresse, même si j’ai supprimé les passages qui pouvaient me mettre (et mettre mon entourage proche) mal à l’aise.

Je pense qu’il s’agit d’une appréhension normale, qui devrait s’estomper après la sortie, après les premières réactions. Je pense même nourrir, grâce au livre, des relations plus franches avec certains membres de ma famille qui vont découvrir ce que j’ai vécu et comment je l’ai géré. Qui vont sans doute être émus, étonnés, et qui vont vouloir en parler.

Me mettre à nu, mettre ma sensibilité à nu, m’ouvrir réellement, c’est un peu un aboutissement d’une démarche entreprise il y a trois ans, par laquelle j’ai eu à cœur d’assumer mon hypersensibilité et mon hyperémotivité.

J’ai hâte, en fait.

Et puis, à travers cette publication, j’ai le secret espoir de pouvoir, par la suite, publier autre chose, et pouvoir enfin dire au monde ce que j’ai à dire. Sortir de mon histoire, sortir du témoignage ou de la biographie et pouvoir mettre en scène, sous forme de fiction, ma façon de voir la vie.

Comme s’il s’agissait avec ce témoignage, d’ouvrir une porte sur le monde, de m’ouvrir totalement pour enfin assumer ce que je suis. Juste une petite porte, ce mois d’août, mais qui peut préfigurer beaucoup d’autres choses.

Je pense que c’est le début d’une nouvelle vie, pour moi. Et je pense aussi que cette seconde naissance devra s’accompagner d’autres choix, essentiels mais douloureux.

Ecriture, Etre heureux

Laisser faire et observer

J’ai longtemps été impulsive. Je voulais tout, tout de suite, j’avais besoin de décider et d’agir. J’ai du mal à supporter que ma vie ralentisse, qu’elle se fige, je voudrais que tout soit toujours en mouvement, j’aime quand ça part dans tous les sens, j’aime la nouveauté, je suis excitée par le moindre projet qui me sortirait de mon quotidien.

J’ai donc en permanence beaucoup d’idées et de projets en tête, et je fais des plans. J’anticipe, je programme, je décide, j’organise mes projets, l’un après l’autre ou le plus souvent, plusieurs en même temps.

Cette façon de faire a plusieurs inconvénients. Il m’est déjà arrivé (souvent) de me lancer dans un projet sans avoir trop réfléchi et sans vraiment savoir si, concrètement, dans sa réalisation, ça me plairait. Tout ça parce qu’un jour, j’ai eu une idée, et que le lendemain, je devais agir pour la mettre en place.

Un jour, fin 2015, alors que je me posais mille questions sur une reconversion professionnelle, que je voulais tout plaquer, monter une petite entreprise, j’ai vu un psy. Un psy d’une grande finesse, que je n’ai vu que deux fois car je n’en avais pas plus besoin que ça, auquel j’ai confié mes angoisses, mes projets qui partaient dans tous les sens, ma difficulté à me projeter, à décider, à agir. Je voulais essayer de planifier et je n’y arrivais pas. Ce psy a eu une réaction qui m’a rendu ma sérénité immédiatement, il m’a dit « n’essayez pas de planifier. Faites ce que vous sentez quand vous le sentez, et vous verrez bien où ça vous mène. Vous avez envie d’écrire ? Écrivez. ». Ce soir-là, je suis rentrée chez moi avec une angoisse en moins : en effet, pourquoi vouloir toujours planifier et anticiper ?

A peu près à la même période, j’ai fait un coaching avec une personne inspirante, qui m’a aussi aidée à y voir plus clair. Entre autres exercices et introspection, le message qu’elle délivrait à la fin du cursus a été pour moi une révélation : si tu souhaites réaliser quelque chose et que tu es en accord avec toi-même, tout concordera pour t’amener où tu veux aller.

C’est un peu mystique, j’adore.

J’ai mis un moment à comprendre vraiment la portée de cette idée, et par d’autres lectures totalement différentes je suis arrivée à cette conclusion : quand on est vraiment soi-même, authentique, et qu’on a le cœur et les yeux ouverts sur le monde, on voit, on repère chaque personne, chaque écrit, chaque circonstance qui peut nous aider à obtenir ce que l’on souhaite, à devenir qui l’on veut être.

Ça paraît très théorique tout ça, un peu spirituel, un peu étrange, mais en réalité c’est au contraire très concret, avec une application immédiate que je vérifie tous les jours. Il faut au départ une bonne dose d’introspection, c’est vrai. De ce côté-là pas de souci, c’est totalement inné chez moi, même un peu trop. Donc apprendre à me connaître, comprendre mes émotions, je sais faire. Et une fois qu’on se connaît bien et surtout, qu’on accepte ce qu’on est sans lutter, alors on peut s’ouvrir au monde. Vraiment s’ouvrir. Et faire les rencontres qui nous mettent sur le bon chemin. Entendre les mots qui nous font avancer, voir les personnes qui nous apportent quelque chose, et se fermer à tout ce qui est négatif pour nous.

Tout ça, c’est très reposant, en réalité. Parce qu’ensuite, en mode « automatique », le cerveau apprend à ne voir que ce qui nous est utile et qui nous fait du bien. Et à juste oublier le reste. Laisser glisser. Ne pas accorder d’importance. Ne pas être perturbé ni déséquilibré.

Concrètement, j’ai compris au fond de moi qu’avant de me lancer dans n’importe quelle activité professionnelle où je risquais à nouveau de me perdre, j’avais besoin d’écrire. Et j’ai écrit (et j’écris toujours) (ici et ailleurs). J’ai essayé d’éviter de me demander pourquoi, pour quel(s) lecteur(s), et comment ça se passerait si je n’étais jamais éditée, et comment ça se passerait si j’étais éditée, aussi, parce que bizarrement, parfois la réussite fait encore plus peur que l’échec… bref, j’ai évité de me poser ces questions (avec plus ou moins de succès, je l’avoue). J’ai rencontré beaucoup de gens qui m’ont dit « ça ne marchera jamais ». Mais vraiment beaucoup, à commencer par mon entourage immédiat. Je ne les ai pas écoutés. Je n’écrivais pas « pour que ça marche », j’écrivais pour écrire. J’ai aussi rencontré certaines personnes qui m’ont dit « tu dois tenter, tu as du talent ». Et j’ai choisi de n’écouter que ceux-là, évidemment ! J’ai cru en moi, j’ai envoyé mon projet, en me disant « on verra bien ! ». J’ai été contactée, par une toute petite maison d’édition. Je n’avais pas envoyé beaucoup de manuscrits, j’avais encore d’autres éditeurs à cibler, j’aurais pu attendre. J’ai choisi de répondre, tout de suite, à Anne, parce que j’avais un bon feeling. Je n’ai pas anticipé, je n’ai pas réfléchi, je ne me suis pas dit « ça pourrait être mieux payé ailleurs ». J’ai juste saisi au vol cette opportunité, et quand j’ai rencontré Anne, j’ai su que j’avais fait le bon choix. Parce que tout ça n’est pas une question d’argent, mais de feeling. Je sens que ça va fonctionner parce que tout concorde. Toutes mes intuitions sont positives, je n’ai aucune appréhension, aucune angoisse, juste une grande joie.

Dans cette toute petite maison d’édition, j’ai croisé des regards bienveillants, j’ai été accueillie par des personnes qui croient en moi. Et on va faire équipe. Et je me laisse porter, sans anticiper, sans me projeter. Pierre après pierre, l’édifice se construit, doucement. Doucement mais avec des pierres solides.

Un jour, je regarderai derrière moi et avec le recul je verrai toutes ces choses qui se sont agencées parfaitement pour m’emmener exactement où je voulais aller. Il n’y qu’à ouvrir les yeux, bien grands, pour ne rien rater…

Ecriture

Et puis un jour…

Elle s’appelle Anne.

Elle m’a appelée, c’était un mercredi. Un mercredi de mai, et mon téléphone n’a pas sonné. Parfois, free me fait des blagues, on m’appelle, ça ne sonne pas, j’ai un message sur mon répondeur et je ne l’ai pas immédiatement.

C’est ce qui s’est passé pour Anne. Elle m’a appelée un mercredi, et je n’ai eu son message que le lundi. On partait pour la journée en Belgique, et juste avant de partir, j’ai eu son message. Je l’ai écouté un peu distraitement, pensant réécouter un vieux message, j’ai mis du temps à comprendre.

Et puis, certains mots sont arrivés, quand même, jusqu’à mon cerveau. Edition. Intéressés. Votre projet. Rappelez-moi.

J’ai rougi, transpiré, blêmi, je ne sais plus, mais j’ai balbutié à Monsieur qui installait déjà les enfants dans la voiture « attends, tu sais quoi ? Un éditeur m’a appelée ! Un éditeur !!! Tu te rends compte ? Je vais rappeler, tout de suite, il faut que je rappelle. »

C’était le lundi de Pentecôte. Anne n’a pas répondu. Monsieur m’a engueulée « mais enfin, on part ! tu fais quoi ? ».

A contrecœur, je suis montée dans la voiture. J’ai opté pour un SMS « je viens d’avoir votre message, je vous appelle demain matin ». Elle n’a pas répondu tout de suite. Et puis, vers 11h, en Belgique, j’ai eu son SMS « je peux vous appeler tout suite ? ». Il y avait du monde autour de moi, de la musique, les enfants qui couraient partout, le réseau pas terrible… J’ai répondu « je préfère demain matin » et elle a dit « ok appelez moi demain matin ».

Et voilà comment, le mardi matin, je parlais avec Anne, éditrice. J’écoutais Anne, plutôt, m’expliquer comment ça pouvait se passer. Certains mots ont été particulièrement doux à mon oreille « très intéressés », « publication », « signatures en librairies », « contrat à lire ».

J’ai parlé une demi-heure avec Anne. J’étais en retard à une réunion de travail. Plus d’une demi-heure de retard, et tout d’un coup ça n’avait plus d’importance. Je suis entrée dans la salle de réunion, détendue, avec le sourire, me suis vaguement excusée « un appel important » et c’est tout. Ca n’avait plus d’importance. Plus rien d’autre que les mots d’Anne n’avaient d’importance.

Et puis, elle m’a envoyé un mail. Un contrat. On a pris rendez-vous. J’ai pris un billet de train. J’avais rendez-vous avec un éditeur. Un rendez-vous à Paris, le 8 juin à 11h. C’était un jour de grève, mais je m’en fichais. J’étais prête à tout.

Le 8 juin, c’était hier.

Sereine, heureuse, j’ai pris le TGV pour Paris, habillée simplement avec l’idée d’être moi-même le plus possible. J’étais en avance. J’avais prévu large, arrivée à la gare du Nord à 9h15 pour mon rendez-vous de 11h. J’ai pris la ligne 5, suis descendue à la gare d’Austerlitz. Il faisait beau, il faisait chaud. Je regardais Paris comme rarement je l’avais vue. Sous le soleil, les parisiennes en jupes et sandalettes, un air d’été avait envahi la capitale et mon bonheur lui donnait bonne mine. Paris n’a jamais été si belle que ce 8 juin.

J’ai flâné. Pris un café et un muffin face à la rue, j’observai les gens, rêveuse, comme à l’aube d’une nouvelle vie. L’heure passait, doucement, tranquillement, chaque minute était délicieuse. Puis je me suis levée et ai marché pour rejoindre l’adresse que j’avais notée. Je me laissai autant guidée par mon petit plan de Paris que par mon intuition.

J’ai franchi la porte de la maison d’éditions un peu en avance. Une petite boutique sur la rue, des livres plein la devanture, je suis entrée et j’ai dit « j’ai rendez-vous avec Anne, je suis un peu en avance ». On m’a souri. On m’a présentée rapidement au patron et puis on m’a conduit dans le bureau d’Anne. J’ai eu comme un coup de foudre. Je me demandais à quoi pouvait ressembler une jeune femme qui travaille dans une maison d’édition. Sa voix, son ton m’avaient déjà été agréables au téléphone mais lorsque je l’ai vue, j’ai su que ça ne pouvait que bien se passer. Une jeune femme, belle, lumineuse, avec de grands yeux verts étonnés et bienveillants. Un débardeur noir, un pantalon large coloré, des sandalettes plates, les cheveux relevés. J’ai souri à Anne, qui m’a souri, on était heureuses de se rencontrer, je crois.

J’étais un peu émue, un peu impressionnée, mais je ressentais une grande sérénité. Comme si rien ne pouvait mal se passer vu que je venais parler de ce projet si intime où j’avais mis déjà toute ma sensibilité. Comme si j’étais là où il fallait, à ma place.

Anne m’a présentée au patron. On s’est installées dans son bureau, il a parlé un long moment. M’a expliqué leur philosophie, leur fonctionnement, leurs dernières sorties et les sorties à venir. Les jolies histoires avec certains auteurs, et aussi ce qu’ils attendaient de moi. Je n’ai pas beaucoup parlé. J’ai écouté attentivement, et réagi spontanément. A la fin, il a souri, s’est adressé à Anne et lui a dit « je crois que ça va bien se passer » d’un air de dire « elle me plaît ». Anne a acquiescé en souriant.

Puis nous sommes sorties de son bureau et avons continué la conversation à deux, puis à trois avec la community manager. On m’a présentée aussi à la responsable presse, et puis Anne et moi sommes sorties boire un café. Comme des copines. On a papoté du livre, du fond, de la forme, du titre, et aussi des actions à mener pour la promotion dans les librairies et auprès de la presse locale, sur les réseaux sociaux. On a parlé de nous, aussi. Simplement, facilement, spontanément.

Elle avait un autre rendez-vous, elle m’a quittée rapidement, un peu en retard. Je me suis retrouvée seule sur cette petite place ensoleillée. J’ai envoyé deux textos.

J’ai un éditeur. Je suis auteur, j’ai un éditeur, mon livre va être fabriqué, vendu, des communiqués de presse vont être faits pour moi, pour lui, pour mon projet. Je vais parler de moi, de ce que j’ai vécu, je vais partager mon témoignage avec ceux qui voudront m’entendre, je vais aller signer des exemplaires de mon livre dans les librairies, je vais être référencée dans toutes les grandes librairies, sur Amazone, Fnac.com, et tous les autres sites de vente en ligne. Moi. Mon livre.

Je vais devoir me bouger. Y a du taf, de relecture et de correction d’abord, de rédaction de 4è de couverture, de brainstorming pour améliorer le titre, et puis ensuite, de diffusion. Anne m’a l’a dit, pour que ça marche il faudra être dynamique. Présente. Prête à bouger, prête à réagir.

Je le suis.

Prête.

 

 

 

liberté, souffrance

Acceptation et lâcher prise

Difficile en ce moment.

Du très bon et du moins bon se côtoient, au quotidien. Je nage dans une douce torpeur puis je plonge dans l’angoisse. Tous les jours, cette boule dans le ventre, vers l’estomac. Une boule d’angoisse ou autre chose, je ne sais pas. C’est là, depuis un moment, je ne sais pas dire quand, et ça ne bouge plus. Pourquoi ? Jusqu’à quand ? Je ne sais pas. Bon au moins, ça me fait maigrir, ça me coupe l’appétit…

Je vis au jour le jour, j’attends, je patiente, avec la sensation que quelque chose va arriver bientôt. Sans doute plusieurs choses, sans doute ma vie aura changé avant la fin de l’année.

Je me sens un peu différente. Plus calme, plus sereine, plus confiante. Il y a quelques raisons à cela, dont je ne peux pas (encore ?) parler.

Mais surtout, je crois que je maîtrise beaucoup mieux l’art du lâcher prise. Ce n’est pas encore parfait, je me laisse parfois rattraper par les pensées stériles et angoissantes qui ne font rien avancer et qui sont douloureuses. Et puis, je respire. Je prends un peu de hauteur. J’accepte.

C’est fou, ce qu’il peut y avoir dans ce mot. L’acceptation. J’ai mis longtemps à comprendre ce qu’il recouvrait vraiment. J’accepte les situations qui se présentent, j’accepte les difficultés, j’accepte mes ressentis, mes angoisses, mes colères, ma tristesse. Je ne lutte plus contre. Je fais avec. Et ça change tout.

Aujourd’hui je suis rentrée du travail avec une pensée obsédante en tête. Belle et pénible, douloureuse, en même temps. J’ai cru que j’allais devenir folle tellement elle prenait de la place, tellement elle m’empêchait de profiter du quotidien. J’étais là mais je n’y étais pas. Et puis, par un mécanisme dont j’ignore presque tout, j’ai tout d’un coup pris du recul, ouvert les yeux et l’évidence s’est imposée : là, tout de suite, je ne peux rien y faire, je ne peux rien y changer. Alors ces pensées obsédantes n’ont pas leur place. Je peux penser à la même chose de façon plus sereine, juste en acceptant l’incertitude et l’attente.

Et je me suis apaisée. Immédiatement. J’ai vu la situation sous un autre angle. Je me suis dit que j’avais de la chance, parce qu’il y a aussi du positif dans cette situation, et je n’ai plus pensé qu’à ça. La beauté des choses.

Ca va revenir, sans doute. Peut-être dès que je fermerai un œil. Mais ça ne fait rien, je sais comment y remédier, maintenant.

Etre calme, accepter et lâcher prise, m’aide à vivre de façon sereine des situations compliquées et potentiellement douloureuses. M’aide aussi, à rester plus objective et à ne pas agir dans la précipitation et l’impulsivité.
Ca ne veut pas dire qu’il n’y a plus de souffrance ou d’angoisse. Elles sont toujours là, mais moins pesantes. Moins destructrices. Et elles se taisent par moment, elles me laissent souffler et me reposer.

Combien de temps cela me prendra, de me libérer de toutes mes chaînes ? Combien de temps encore, vais-je être sous l’emprise de ces sentiments de responsabilité, de culpabilité, de devoir ? Est-ce qu’un jour on peut être vraiment libre de tout ça ?

 

liberté, rêves

Quitter la peur

Il y a ceux qui agissent et il y a ceux qui rêvent.

Ceux qui rêvent de changer de vie, qui rêvent d’un autre métier, qui rêvent d’être autrement ou avec d’autres personnes mais qui sont pétris de peur.

Ceux qui voudraient, qui aimeraient, mais qui résistent. Qui se trouvent des excuses, plus ou moins bonnes, pour se convaincre que ce n’est pas possible, pas maintenant, pas comme ça, pas dans cette vie, tant pis.

Ils finissent par renoncer à leurs rêves parce qu’ils ont peur. Ils contrôlent toute leur vie, ils ont tout bien balisé, tout est organisé, orchestré, les réponses sont codées, vérifiées, passées au crible de la raison et de l’objectivité. Rester rationnel, à tout prix, parce que c’est rassurant. Connu. Sur le papier, ça fonctionne. C’est raisonnable, juste, mesuré.

Ils pensent et rêvent à autre chose mais jamais ils n’imaginent vraiment que ce soit possible. Et si c’était vraiment possible ? Et si la vie qui nous ressemble, celle qui est faite pour nous, attendait seulement qu’on arrête d’avoir peur ?

La peur, elle est là, tenace. Elle tient bon, elle s’accroche à la moindre pensée rebelle, elle s’est invitée il y a longtemps, elle a été déposée là par les phrases maintes fois entendues sur le risque, sur la bien-pensance, sur les valeurs judéo-chrétiennes transmises par nos ancêtres.

Et puis un jour, on se demande pourquoi. Pour qui. On remet en cause les évidences que l’on se répète sans même s’en rendre compte depuis des décennies. On les regarde différemment, on se demande finalement à quoi elles servent, pourquoi elles sont là et on essaie, tout doucement, d’en oublier quelques-unes.

Je suis convaincue que tout est possible. Que ceux qui osent ne sont pas bien différents des autres, ils ont juste décidé d’agir malgré la peur. De ne pas l’écouter. Peut-être ont-ils plus conscience que d’autres, que cette peur n’a aucune raison d’être, et qu’elle nous enchaîne sans vraie raison.

Peur de quoi ? Peur de tout ! Peur de l’inconnue, peur de perdre, peur de se retrouver vraiment face à soi-même, peur de ne pas maîtriser, de ne pas contrôler, peur de devoir agir sans filet et sans expérience, neuf dans cette quête de soi-même.

Changer sa façon de voir la vie, accepter malgré les freins qu’autre chose est possible, et se dire ensuite « mais pourquoi pas ? ».

Pour cela j’ai un plan, pour tromper mon cerveau. Je liste ce qui me fait peur, et j’essaie de réfléchir au risque encouru. Est-ce vraiment un risque ? Si oui comment l’éviter, et surtout, s’imaginer dans la pire des situations et se demander « et alors ? Serait-ce si grave ? ». Nos peurs sont souvent totalement irrationnelles. On peut toutes les nommer, les comprendre, pour arriver à les faire disparaître. Comme un fantôme dont on a peur, enfant, car il fait noir. On allume la lumière et le fantôme disparaît. Et la peur avec.

Mettre la lumière sur nos plus grandes peurs et les affronter, face à face.

S’abandonner à vivre, s’abandonner à être soi-même sans retenue, sans jugement, et observer tranquillement, sereinement et avec confiance la magie opérer. Car il s’agit bien de magie. Aligner ce que l’on est, ce que l’on veut et ce que l’on fait, et sentir au fond de soi la sérénité progresser, la confiance revenir.

Accepter de ne pas tout contrôler, de ne pas tout anticiper, faire confiance à la vie, aux rencontres et au hasard, et s’en remettre à cette merveilleuse mécanique qui s’enclenche pour mettre sur notre route tout ce dont nous avons besoin. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux, tout est là.

 

liberté

Vers le coin de ciel bleu

Quand on s’accroche, coûte que coûte.

Quand on comprend un jour qu’on ne peut pas aller plus loin, mais qu’on essaie quand même, jour après jour, de repousser les barrières, de foncer dans les murs, d’entamer des brèches en pensant pouvoir continuer ce chemin.

Quand tout se referme autour et qu’on n’avance plus. Quand on regarde derrière soi et que le chemin se referme, alors on comprend qu’on a fait fausse route. Qu’on est tout au bout. Acculé dans une impasse. On peut s’asseoir là, pleurer, désespérer, ou encore regarder autour de soi et faire semblant de trouver qu’on n’y est pas si mal. Se mentir. Se voiler la face juste parce qu’on ne perçoit aucune solution, juste pour tromper son esprit. Se rassurer comme on peut, et se trouver bien, là, finalement. Un bon coussin, une bonne télé, et pourquoi pas ?

On peut aussi choisir de prendre un peu de recul. De regarder les choses d’un peu plus loin, même si c’est difficile. On est là, dedans, englué au milieu, étouffé par l’étroitesse des choses, et il faut s’en extraire un peu pour regarder ailleurs. Un peu plus haut, juste un peu, et on perçoit ce trou où on est. Ces murs qui nous entourent. On en perçoit juste le contour, on devine l’étroitesse, et surtout l’absence de chemin. On est à l’arrêt. On s’est arrêté parce que dans ce chemin-là, on ne peut plus aller plus loin. Il n’y a plus rien. Plus d’ouverture, plus de possibilité, juste s’arrêter.

Si on s’éloigne encore un peu, on peut distinguer le chemin déjà parcouru. Avec de bonnes jumelles on peut deviner que dès le départ, ce chemin semblait avoir une fin. Mais on a voulu essayer quand même. Il ne paraissait pas si mal, on y est allé confiant en se disant « on verra bien ! ».

Et puis, si on prend vraiment de la hauteur (c’est vertigineux à cette altitude et ça donne un peu le tournis), on la voit. La porte. La sortie. Il y en a une. Elle n’est pas cachée du tout, on s’était dit depuis le départ qu’on la prendrait en cas de problème mais là, tout de suite, on avait un peu oublié. On l’avait mise de côté et plus le temps passe plus elle est difficile à emprunter.

On voit la lumière, au bout. Un petit coin de ciel bleu, au milieu de ce couloir sombre. On sait bien que c’est là-haut qu’il va falloir aller. Respirer. S’échapper. Et suivre un autre chemin.

Mais là, juste là, je suis tout en bas. Tout au fond. J’ai froid, il fait noir. Je suis triste. Je l’aimais bien, ce chemin. Rassurant, confortable, jusqu’à aujourd’hui. Je regarde là-haut, juste au dessus de ma tête, à portée de main, le ciel bleu. Il est là, il m’appelle. Il faut juste trouver la force de se lever. Juste trouver la force.

liberté

Siddhârta

Il est des relations qui naissent et des relations qui meurent. Des amis qu’on perd de vue, des amants qui se séparent, des couples qui se déchirent, d’autres qui se créent, parfois dans le secret d’un amour impossible. Des êtres que l’on rencontre, un jour, au détour d’une activité banale de notre vie quotidienne, et qui nous font nous sentir vivants. Ceux qui peuvent comprendre et communiquer par un simple regard. Ceux qui nous ressemblent, ou parfois seulement ceux qui ont quelque chose à nous apporter.

Quelque chose est né en nous, un sentiment, une émotion, une petite flamme que l’on peut vite éteindre ou que l’on peut choisir d’entretenir, de faire grandir. Un sentiment d’amitié, de partage, ou un sentiment amoureux. Comme un petit soleil au creux de son ventre, quelque chose qui réchauffe ou qui parfois rallume une impression de vivre.

Il est des êtres, un peu partout, qui peuvent nous faire avancer. Qui se retrouvent sur notre route sans prévenir, qui sont là alors qu’on ne les attendait pas. Ils ont quelque chose à nous dire ou à nous faire comprendre afin d’avancer une pièce de plus dans l’échiquier de notre vie. Un pion, parfois, seulement. Case après case. Certains ne font que passer. Et puis on les oublie, ils ont donné ce qu’ils avaient à donner. On a partagé un moment, ou plusieurs, ou une période, quelques mois, quelques années, et puis c’est tout. Ca s’arrête, comme ça. Parfois naturellement, parfois cruellement.

Ils laissent dans leur sillage un doux parfum de partage. Un doux parfum de bien-être. Ils nous permettent de tenir debout quand tout s’écroule. Quand on ne sait plus. Quand on n’a plus la force. Ils nous aident à nous relever, par un mot, un sourire ou un regard, parfois par leur seule existence, ils sont à eux seuls, une raison de continuer, se relever, affronter.

Il faut savoir écouter son cœur. Savoir laisser partir ceux qui n’ont plus rien à nous apporter. Sans tristesse, sans rancœur, sans peur. Laisser s’éloigner ce qui veut s’éloigner, ne pas s’accrocher à tout prix à une personne ou à un endroit juste pour le poids des habitudes, juste par peur de la nouveauté.

Il y a quelques mois j’ai lu « Siddhârta » de Herman Hesse. Avant de le lire, je pensais que Hesse était un auteur triste et ennuyeux, du genre des classiques qu’on est obligés de lire au lycée. Et puis j’ai lu ce vieux roman qui traînait dans la cave de mes parents et qui en gardait encore une trace olfactive. J’ai lu Siddhârta et j’ai adoré. J’ai lu et relu certains passages et ça a été une véritable révélation. Siddhârta part de chez lui, en quête d’un maître qui lui apportera la vérité, la connaissance. De rencontres en rencontres, il apprend sur lui-même. Et il s’installe, à certaines périodes de sa vie, quelques années quelque part. Siddhârta est libre. Et quand il sent qu’il n’a plus rien à apprendre là où il s’est installé, il s’en va. Sans adieu, sans explications, sans drame. Il prend ses affaires et il dit « je m’en vais ». C’est pour moi une leçon de vie. Savoir dire un jour « je n’ai plus rien à faire ici » et s’en aller.

On a tellement de mal à le faire. On a tellement tendance à vouloir s’accrocher à une relation, à un confort, à des habitudes. J’ai même du mal à me séparer de certaines connaissances, anciennes amies par exemple, qui ne m’apportent plus rien, qui sont loin, physiquement et psychologiquement, parce que j’ai peur. Peur de perdre. Peur d’une fin. Peur de dire stop, peur de mettre un point final quelque part.

Il est des êtres qui nous font avancer ou à qui nous avons quelque chose à apporter. On le sait, on le sent. C’est évident. C’est là, c’est comme ça. Il faut savoir l’accepter, le voir, et le vivre. Parfois au détriment du confort. Parfois malgré la peur. Aller vers l’autre, et voir ce qui se passe. Faire confiance à la vie, parce qu’on a toujours quelque chose à apprendre.