Hypersensibilité

Hypersensibilité sensorielle, les inconvénients

Un jour où je disais à ma psy « petite baisse de moral mais c’est passager, ça doit être la baisse de luminosité, j’y suis très sensible », elle me répondit en souriant « pardon mais… vous êtes sensible à tout ! pas qu’à la luminosité ! ».

Euh, certes.

Certains jours, ces sensations multiples me handicapent vraiment. Chaque mouvement, chaque frottement, me paraît insupportable. Quand je suis fatiguée notamment, j’éprouve une aversion terrible pour tout contact. La moindre fibre de vêtement légèrement rêche, une étiquette mal placée, une couture qui appuie sur ma peau, je deviens dingue.

Ce matin, j’avais mis une robe. Une robe en laine. Jolie, confortable, rien qui ne serre nulle part, en théorie. Sauf qu’à peine mise, j’ai senti que ça n’irait pas. Les collants me serraient, me grattaient, me comprimaient. Le col de ma robe me grattait, les manches remontaient, l’étiquette me dérangeait. Pourtant je l’ai déjà mise et très bien supportée, mais ce matin, je devais être particulièrement fragile et fatiguée, c’était impossible.

Je l’ai gardée, d’abord. Je me suis auto-engueulée « c’est bon, ne perds pas du temps à te changer maintenant, ça va aller », et j’ai fini de me préparer, j’ai pris mon petit-dej, j’ai levé et préparé mes garçons qui étaient en mode « y a école aujourd’hui ? Ben moi j’y vais pas, j’aime pas l’école ». Je les ai emmenés à l’école. Et j’ai eu froid. Et ça me grattait, démangeait, gênait toujours.

J’étais en retard. 8h35 et j’étais toujours à 50 km de mon lieu de travail. J’étais en mode lenteur. Incapable de me bouger, de me dépêcher, je faisais les choses lentement et j’étais incapable de faire autrement.

Au lieu de filer au travail, à 8h35, j’ai décidé de rentrer chez moi. Me changer. Toutes ces sensations m’étaient insupportables, je ne pouvais pas faire autrement.

J’ai fait demi-tour, je suis rentrée chez moi, j’ai enfilé un jean confortable, un débardeur près du corps, une chemise à carreaux et un gros gilet par-dessus. Des bottines avec des chaussettes chaudes, et tout d’un coup, je me suis sentie mieux. Les sensations de démangeaison de la laine et de l’acrylique des collants avaient laissé la place à la douceur du coton.

C’est bête, je me trouvais belle dans cette robe, mais aujourd’hui, ce n’était vraiment pas possible.

Je suis arrivée au bureau à 9h20, agacée et fatiguée, mais au moins, mes fringues ne m’irriteraient pas encore plus… (malgré une petite étiquette sur mon débardeur, coupée mais dont quelques bords dépassent encore de la couture intérieure, mais je ne vais pas me plaindre, ce n’est rien à côté de ce que je ressentais ce matin).

Je ne sais pas comment font les autres pour s’habiller. C’est tellement gênant les fringues. Si je pouvais, j’irais travailler nue sous un grand plaid en coton doublé de polaire. Sans couture. Et du coton bio.

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Ecriture, Projet

Joie et fierté

Aujourd’hui, j’ai bougé mes fesses.

Ca fait un moment que je voulais le faire, et que je repoussais le moment, chaque semaine, à la semaine suivante. Je ne sais pas pourquoi. Un peu de trouille, quelques mauvaises raisons et quelques bonnes, aussi, et finalement, en ce début d’année, je l’ai fait.

J’ai été chez un imprimeur.

J’ai donné ma clé USB sur laquelle il n’y avait qu’un seul fichier, en pdf, mon fichier maintes fois relu, retravaillé, corrigé, adapté (nul doute que quelques coquilles s’y cachent encore mais… j’ai fait au mieux), et j’ai fait imprimer mon manuscrit.

Pas le roman, non. Malheureusement. Le roman avance, tant bien que mal, de façon irrégulière mais il avance. Là j’ai fait imprimer mon projet PMA. Mon témoignage, mon histoire sous forme de journal intime, un peu modifiée pour le rendre plus fluide, moins répétitif, pour enlever les passages trop intimes. Un témoignage brut en ce qu’il n’est pas modifié. Pas romancé. Les mots sont ceux écrits au moment où je souffrais, les phrases sont les miennes. Un témoignage plein de souffrance mais aussi d’espoir, de légèreté et de douleur, d’humour mêlé de désespoir.

Ce n’est pas une grande œuvre littéraire. C’est écrit au fil de l’eau, dans un style presque oral. Direct, sans fioriture, des mots bruts, mon ressenti jour après jour. Mais je suis heureuse d’en avoir fait quelque chose d’exploitable. Fière de pouvoir le tenir dans mes mains, propre, imprimé en times new roman 12, interligne double, relié, avec mon nom et mes coordonnées sur la première page.

J’ai ciblé les éditeurs qui pourraient, a priori, publier un témoignage sur ce sujet, en fouinant dans ma bibliothèque, dans les librairies et sur les sites des maisons d’édition. J’en ai déjà envoyé 3 par mail, j’ai reçu une réponse négative au bout de deux mois. Maintenant je vais faire les envois papier.

Je sais que se faire publier relève du miracle. Mais pour certains ça marche, alors je tente. Avec espoir. Mesuré, calculé, mais un bel espoir qui fait chaud au creux de mon ventre…

impressions PMA

Etre heureux, Vacances

Repli, douceur, sérénité

Cette semaine, nous étions en vacances.

Et à part un réveillon avec mes parents, rien de prévu. Rien, de rien. Aucune obligation, aucune contrainte, une semaine de vraies vacances comme ça ne nous est pas arrivé depuis longtemps.

Ce que j’ai ressenti ? Un immense retour au calme. Un recentrage. Nécessaire, salutaire. Recentrage sur la famille, sur un rythme naturel, au gré de nos envies, de notre énergie ou de notre besoin de nous reposer. Des moments dédiés aux enfants, des moments dédiés au couple, des moments dédiés à la création (écriture, dessin, ateliers créatifs avec les enfants, cuisine), des moments dédiés au repos, sans aucune mauvaise conscience, sans aucun regret. S’allonger dans le canapé devant un feu de cheminée sous un plaid douillet, sans même un livre ni une revue, sans radio ni télé, sans téléphone, sans aucune connexion, juste à rêver, s’assoupir, regarder autour de soi, réfléchir, méditer.

Prendre du temps pour dessiner, pour faire de petits travaux de couture, pour customiser un pull noir en y ajoutant des broderies vertes, perles et fil à broder.

Laisser aux enfants le temps de s’ennuyer, pas le choix, le temps alternant tempêtes, pluies, vent ne nous permettant pas de sortir.

Lâcher prise sur le ménage et les courses. Se contenter de cuisiner des restes ou de cuire des pâtes vite fait quand on n’avait pas envie.

Une vraie semaine de repos et de calme, bienvenue après la période harassante de la préparation de Noël.

Au début de la semaine, j’ai eu des impressions un peu bizarres, qui m’ont un peu déprimée avant que je ne les accepte. Je ne regardais plus les nouvelles, n’ouvrais plus les réseaux sociaux, n’écoutais plus la radio, j’étais dans ma bulle, et n’avais aucune envie d’en sortir. Sauf que l’idée de ce qui se passait à l’extérieur me déprimait, me terrorisait presque. Je ne voulais plus m’intéresser à rien de ce qui se passait dans le monde, je trouvais tout inutile, futile, sans intérêt, voire déprimant.

J’ai eu quelques jours de lassitude totale. De repli complet. Même pas envie d’envoyer mes vœux par texto, je voyais de loin les vœux sur les réseaux sociaux et je trouvais ça nul. Ridicule. Sans intérêt.

Et puis, j’ai décidé d’accepter cet état. De ne pas lutter, ni m’en agacer. Juste accepter et vivre ces impressions, ces sentiments un peu bizarres. Je suis restée dans ma bulle. J’ai continué le repli. Je me suis juste dit qu’en retournant travailler je retrouverai tout simplement et naturellement le contact avec le monde extérieur.

Ca a bien fonctionné, car aujourd’hui, deux jours avant de reprendre le travail, je me sens mieux. Plus sereine, plus calme. Je retrouve, petit à petit, contact avec le monde. J’ai renoué un peu avec les réseaux sociaux, et je travaille le blog pour le rendre plus attrayant, plus agréable à lire, plus conforme à ce que je veux en faire. Je me prépare doucement à retrouver le rythme quotidien, et ça m’angoisse moins. J’ai refait le plein. Encore deux ou trois séances de yoga, un jogging ou une balade en espérant que le temps me le permettra, et je pourrai commencer cette nouvelle année avec les batteries rechargées.

 

arbres et oiseaux roses

Spiritualité

Quelle spiritualité pour une athée ?

Depuis un an, j’ai un nouveau regard sur la spiritualité.

Je suis athée depuis des années. Des dizaines d’années, sans que je puisse dire depuis quand. Dans mes plus vieux souvenirs, quand ma mère m’emmenait à la messe (rarement), ou pendant mes cours de cathé (dispensés par la mère d’une copine, austère, rigide et désagréable), du plus loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours trouvé cette histoire de Dieu un peu chelou.

Rapidement, dans mon cerveau enfantin, s’est fait place cette idée qui ne m’a plus jamais quittée : les hommes ont inventé Dieu pour donner un sens à leur vie. Dieu en général, toutes religions confondues. Pour laisser le soin à une instance supérieure de guider leurs actions et d’avoir un droit de regard sur leurs pensées. Pour désigner un responsable de la bien-pensance, un guide du bien et du mal.

Je n’ai jamais pensé de mal de Dieu, je n’ai jamais méprisé ceux qui croient, mais je n’ai jamais eu la foi, c’est un fait. Plutôt tolérante envers les autres, me disant que chacun s’en sortait comme il pouvait et qu’étais-je, moi, pour pouvoir prétendre savoir mieux que les autres. Mon avis est donc très souvent resté dans la sphère la plus intime, entre moi et moi. Je me contentais si on me posait la question, de dire que j’avais été élevée dans la tradition catholique mais que j’étais désormais athée.

J’ai développé une façon très rationnelle de voir la vie. On est là par pur hasard génétique, par un miracle qu’aucune loi de probabilité n’aurait pu prévoir, on vit un temps, on s’éteint et ensuite il n’y a plus rien. Le cerveau meurt, les pensées s’éteignent avec lui, l’âme ne survit pas au corps.

Et puis, depuis deux ans, j’ai beaucoup cheminé. Beaucoup lu, beaucoup réfléchi au sens de notre passage sur terre, à nos perceptions sensorielles incroyables parce que j’ai découvert leur étendue. De plus en plus à l’écoute, de plus en plus sensible à ce qui se passe entre les gens, aux ondes, aux lois naturelles, aux bruits, j’ai commencé à développer petit à petit une sensorialité totalement nouvelle pour moi, avec l’intuition solide que tout ce que je percevais n’était qu’une infime partie de tout ce qu’un humain pourrait être capable de percevoir en étant à l’écoute et en s’entraînant. Oui, la sensorialité, ça s’entraîne. On croit voir, entendre, sentir, mais on ne voit rien, on n’entend rien, on ne sent rien si on n’y fait pas vraiment attention. Si on n’a pas une conscience aiguë, et de plus en plus aiguë, de ce qui se passe autour de nous.

J’ai, à force d’écoute, compris et découvert que je pouvais par exemple voir certains jours des ondes dans l’air. Comme une très légère ondulation, presque comme de micro gouttelettes de pluie toutes reliées les unes aux autres. Comme si je pouvais percevoir toutes les ondes électriques présentes autour de moi.

J’ai aussi découvert que je pouvais « entendre » ou « voir » ou « sentir » (les deux sens se mélangeant sans que je puisse savoir si la source était plutôt auditive ou visuelle) les connexions entre mes neurones. Ça paraît fou, mais certains soirs quand je pense à mille à l’heure, quand le cerveau est hyperactif, je « sens » l’activité électrique dans le lobe frontal, juste derrière le front. Les yeux fermés, dans le noir, je « vois » presque de microscopiques éclairs. Illusion d’optique ? Sans doute. Mais cette sensation liée à une sorte de bruitage électrique est vraiment incroyable.

Ces deux exemples, pour dire que depuis que je suis à l’écoute et que je réfléchis à tout ça, je m’ouvre à la spiritualité. En parallèle de mes impressions sensorielles, j’ai cette sensation d’être connectée au « tout », à l’Univers, avec la conscience d’en être un minuscule petit atome. Parfois, je perçois, confusément, ce tout avec une acuité particulière, comme si je sortais de mon corps et que mon esprit flottait dans l’espace, sans contrainte ni de lieu ni de temps. Et c’est incroyable.

J’ai lu des articles sur la physique quantique, ainsi que des récits sur les expériences de mort imminente, que la science reconnaît aujourd’hui. Les scientifiques, s’ils ne peuvent pas encore expliquer avec des équations ce phénomène, s’accordent pour dire que toutes les observations cliniques et psychologiques, avec faits et expériences à l’appui, concordent pour admettre – du bout des lèvres car c’est tout de même une révolution – qu’il est probable que l’âme, avec des pensées, puisse survivre au corps. Par exemple, il a été reconnu et acté qu’une personne déclarée morte cliniquement (arrêt du cœur et arrêt de l’activité électrique cérébrale), aveugle de son vivant, avait pu à son réveil (quasi miraculeux) décrire de façon très précise l’identité de deux personnes, membres du personnel de l’hôpital, qui lui avaient volé des affaires pendant son « décès ».

Ces cas ne sont jamais relayés par la presse. Les scientifiques travaillent dans l’ombre.

Pour l’instant, ceux qui croient à la survie de l’âme sont taxés au mieux de charlatans, au pire de fous. Moi, je suis persuadée qu’un jour la science pourra nous donner une réponse. Je suis persuadée qu’on n’est qu’aux balbutiements de la compréhension de nos cerveaux et de l’âme. La physique quantique permet déjà de comprendre que l’infiniment petit se comporte selon des lois incompréhensibles pour nos cerveaux conditionnés : un atome pourrait par exemple se trouver à plusieurs endroits en même temps. Deux atomes pourraient interagir à des milliers de kilomètres de distance s’ils ont un jour fonctionné ensemble. D’où l’émergence de l’idée selon laquelle on pourra bientôt échanger des informations sans onde ni fil. Fou ? Inconcevable ? Peut-être. Mais peut-être pas plus que quand Galilée disait que la Terre était ronde dans un monde où la pensée commune ne pouvait pas l’admettre.

Je suis frustrée qu’on ne soit pas plus informés des avancées de la science, qui semblent décisifs en ce moment (découverte de la déformation de l’espace-temps grâce à l’observation des trous noirs, développement de l’informatique quantique, etc…). Frustrée de ne voir autour de nous que des informations insignifiantes et ridicules sur la vie politique et mondaine, sur la bêtise de certains hauts dirigeants, sur des débats stériles… Frustrée, limitée, énervée. Il y a tant à découvrir, tant à apprendre, et l’homme perd son temps à s’engluer dans des disputes qui ne mènent nulle part.

Bref, je ne crois pas en Dieu et pourtant j’ai une vie spirituelle bien remplie !

Amour, Vacances

Fin d’année – vacances et douceur

Envie de me retirer du monde.

Sans doute une envie assez partagée en cette période d’excès, de froid, de gris, d’absence de lumière. J’imagine qu’on est nombreux à ressentir ce besoin de se replier près du feu avec une tasse de thé pour bavarder tranquillement avec des gens qu’on aime. Sans repas à préparer, sans courses à faire dans des hyper blindés, sans bruit, sans affolement, sans stress.

Du calme, de la douceur, de la tendresse, de l’amour, un bon bouquin et un feu de cheminée. Des jeux en famille, des rires, des enfants qui jouent allongés sur le tapis ou qui dessinent sagement à leur table (c’est un fantasme, ça n’arrive que rarement chez moi ! Mais si, si, ça arrive, quand même…).

Difficile je trouve d’aller travailler en cette période. Le vent souffle et l’air glacial passe sous les fenêtres, la pluie tambourine au carreau, à 16h30 il fait presque nuit, mes intestins se rebellent de trop avoir eu à faire ces derniers temps.

Je sais bien que je ne supporte pas les excès alimentaires. Je sais que je le paie ensuite. Pourtant, le plaisir passe parfois avant et je vais au resto, je mange trop, trop gras, trop lourd, je prends un dessert alors que je n’ai plus faim, juste par habitude. Je mange pour combler le vide, l’ennui, je mange pour tromper la fatigue ou pour tenir un long après-midi d’hiver devant mon ordinateur au bureau.

Bientôt une semaine de vacances. Tant mieux. Quelle joie, sans rien de prévu. Faire une ou deux sorties avec les enfants (expo de playmobiles par exemple !), quelques balades en bord de mer si on a la chance d’avoir un rayon de soleil, et du repos, des heures de langueur tranquille. Peut-être du tri et du rangement pour y voir plus clair dans le garage ou dans la « pièce à bordel » (oui, quand on a une grande maison, on a une « pièce à bordel ». Une petite pièce qui pourrait être joliment aménagée mais dont la porte est, en pratique, toujours fermée afin de dissimuler aux éventuels visiteurs l’amoncellement de choses à trier, en attente de don, en attente de rangement, de cartons non ouverts du déménagement d’il y a 3 ans et demi, de déco passée et de tapis à jeter, de caisses de vêtements trop petits ou trop usés ou de cartons d’affaires de ski. De vieux violoncelle qu’on n’ose plus toucher et de combi de longe-côte dont le parfum néoprène se répand dans la pièce…).

Bref, bientôt une semaine de vacances, la fin du marathon des fêtes de fin d’année (un jour peut-être, j’aurai le courage d’assumer de ne rien faire pour les fêtes. De rester tous les quatre pour un petit réveillon tranquille. Et en même temps, les grandes tablées de Noël avec les cousins créent aussi de merveilleux souvenirs alors… à méditer…) (j’ai un problème avec les parenthèses aujourd’hui non ?).

Ma résolution pour l’année 2018, ce serait d’être plus détendue au bureau. D’apprendre à respirer calmement, et de faire 10 minutes de méditation tous les soirs avant de dormir. Je l’ai fait une fois, j’ai plongé ensuite immédiatement dans un sommeil d’une grande qualité. J’ai éprouvé un bien-être incroyable en me couchant, avec une sensation de plénitude que l’on ressent rarement.

Donc : respirer, profondément, plusieurs fois dans la journée pendant plusieurs minutes, faire de la relaxation tous les jours, du sport dès que je peux, et soulager mes intestins fatigués en mangeant nature et léger.

J’ai commencé cet article tout décousu en souhaitant vous parler de la jolie manière dont nous finissons l’année, toujours à quatre alors qu’il y a un an c’était mal parti, dans l’amour et la tolérance qui ont tellement manqué tout au long de l’année. Dialogue, tendresse, tolérance, notre couple a bien changé depuis un an. J’en suis très fière, et désormais je n’aurai plus la hantise de la crise, plus peur du conflit. Faire comprendre à l’autre lorsqu’il nous fait souffrir, c’est le premier pas indispensable vers l’harmonie dans le couple.

Ou comment les phrases telles que « quand tu réagis comme ça, je me sens …  » , « lorsque tu dis ça, cela me blesse parce que … « , « je suis désolée d’avoir dit … , d’avoir fait …, de n’avoir pas su voir … ,  de n’avoir pas su dire … « , « merci de m’avoir écouté(e) », « merci pour ce que tu as fait … , pour ce que tu as dit …  » sont des trésors dans le couple.

Je ne sais pas pourquoi elles sont tellement difficiles à dire. Pourquoi on campe par fierté sur ses émotions, ses sentiments sans voir ni écouter celles de l’autre. Pourquoi on a tant de mal à s’excuser, à reconnaître avoir mal agi. Parfois ce n’est pas grand chose, mais savoir dire « je suis désolé » apporte tellement aux deux…

Je ne sais pas ce que donnera l’avenir. Mais aujourd’hui, je ne m’imagine plus seule avec les enfants. Je me projette à quatre, pour longtemps. Sereinement. Avec bonheur et détermination. Ça fait vraiment du bien.

Ecriture

S’écouter

Il faut que j’arrive à nouveau à m’écouter.

J’avais fait beaucoup de progrès en la matière, je me comprenais mieux, je comprenais mieux mes réactions, mes angoisses, mes émotions et je les acceptais mieux. Mais parfois j’ai l’impression de faire marche arrière.

Il faut que je m’écoute. Au plus profondément de mon moi poétique, esthétique, il faut que je me reconnecte à ce que j’aime et à ce dont j’ai besoin. Écouter ce qui vibre et ce qui résonne, ce qui sonne juste et essayer d’être, au maximum, à ma juste place.

Pas évident dans ce monde. Je ne me sens souvent pas à ma place. Presque tout le temps, en fait.

Et puis, il y a des moments de grâce, où je peux enfin dire « oui, ici, maintenant, comme ça, c’est moi. C’est ma place. « . Des moments où je suis là où je dois être. Par exemple, quand je suis dans le train, ma musique dans les oreilles pour ne pas entendre les conversations, les raclements de gorge, les toux ou les clics des touches des portables. Mon ordi ouvert, j’écris. Je suis habillée confortablement, mais avec des vêtements qui me plaisent, qui me mettent en valeur. Rien qui gratte, rien qui serre, rien qui démange ou qui gêne, et je suis bien.

Écouter quand tout me dicte de me recentrer sur l’essentiel. Le doux confort de la famille, le foyer rassurant et structurant, et l’écriture, cette passion nécessaire autour de laquelle je tourne en me donnant jour après jour de mauvaises raisons. M’organiser pour trouver l’énergie. Souvent je me dis « je n’y arrive pas, je n’ai plus d’énergie. Le boulot, les contraintes domestiques, les trajets, le froid, tout me prend trop d’énergie, je n’en ai plus pour écrire ». C’est un peu vrai, sauf que dans la journée, je la sens, je la vois, l’énergie disponible.

Elle est là. Pour rêver, pour danser et rire, il y a toujours de l’énergie. Le tout est de ne pas la perdre, ne pas la disperser. Repérer quand elle est disponible, et s’en servir. Le soir après le boulot, je n’y arrive plus. Je me cale dans mon fauteuil au coin du feu et l’engourdissement, la détente, viennent vite. Je n’ai plus envie de me remettre au travail. Alors je vais essayer de me lever tôt, très tôt pour bénéficier de cette force et de cette énergie qu’on a au réveil. Vierge de toute angoisse sociale ou professionnelle. Quand l’âme est juste assez éveillée pour continuer à rêver. Quand la nuit a encore son pouvoir bienfaiteur, quand les sens s’éveillent tout juste et se retrouvent en admiration comme au premier jour.

Quand tout dort, quand tout est silencieux et que le café brûlant semble la sensation la plus délicieuse du monde. Juste parce que c’est la première. Quand on a l’impression qu’on pourrait inventer le monde, parce que le regard est neuf. Chaque jour comme le premier. Le réveil comme éveil au monde.

C’est beau, tiens.

Maintenant, il faut le faire. Mettre le réveil, et se lever. Allumer l’ordinateur et ne pas se recoucher.

Etre heureux

Mieux

Il y a des phases dans la vie, où on a l’impression d’un déséquilibre précaire.

On crée soi-même ce déséquilibre parfois, ou on le constate, mais dans les deux cas c’est très inconfortable.

On ne sait plus qui on est, ce qu’on veut, où on va, avec qui.

Il y a deux ans, j’ai failli démissionner.

Il y a trois mois, j’ai failli quitter mon conjoint.

Finalement, j’ai aménagé mon boulot (changé de poste, demandé une journée de télétravail que je viens juste d’obtenir, préféré le train pour mes déplacements certes trop longs mais bien plus utiles et constructifs maintenant), et j’y suis bien.

Je n’ai pas quitté mon conjoint, mais j’ai mis sur la table tout ce qui ne me plaisait pas. Après des années à avoir tout accepté, je me suis éloignée d’abord, puis dans un gros fracas j’ai dit stop. Stop à tout ce que je ne voulais plus, ne pouvais plus tolérer. Il ne voulait rien entendre, je n’ai plus eu comme solution que de partir.

Et puis, me voyant si près de le quitter, me sentant si distante affectivement, entendant mes mots si forts « je ne suis plus amoureuse de toi », il a fait machine arrière. Il a pleuré. Il est allé voir une psy. Il a dit « je suis désolé » et aussi « comment ai-je pu être aussi con ». Il a entendu mes souffrances, il a fait des efforts.

Petit à petit, il est plus ouvert, plus tolérant, plus souriant, plus détendu. Et puis moi, j’ai arrêté aussi de lui reprocher tout et son contraire.

Depuis septembre 2015, je suis en déséquilibre. Sur le fil. Prête à basculer, n’importe quand.

Et depuis quelques semaines, insidieusement, est revenu l’équilibre. Je me sens à nouveau bien chez moi, et bien au travail. Je n’ai plus cette envie irrépressible de fuir ma vie, de fuir mon quotidien. Dans mon couple, il y a encore des choses à régler. Tout n’est pas encore rose ni facile, on reconstruit pierre après pierre des bases plus solides, plus saines surtout. On se parle. On communique. On a compris que ne rien dire nous fait courir à la catastrophe. J’ai lu récemment cette phrase : « en amour, tout vaut mieux que le silence ». Et je suis bien d’accord. Même si on crie, même si on se déchire, même si on souffre, il faut toujours dire ce qu’on a sur le cœur. Et si l’autre ne le comprend pas, tant pis. On aura dit. Ce sera sorti. Les mots auront été formulés. Ils auront été entendus, ils vont faire leur chemin. C’est primordial. Je ne me rendais pas compte, avant cet été, à quel point le silence que je pensais constructif, pour éviter conflits et vexations, nous éloignait l’un de l’autre progressivement. Jusqu’à un point de non retour auquel on est presque arrivés.

Je n’ai plus envie de déménager. Je n’ai plus envie de démissionner (du moins, pas tout de suite). J’ai réussi à aménager ma vie pour qu’elle me convienne, au lieu de tout rayer, de tout envoyer promener. J’en suis fière.

Je suis consciente que ce combat est une lutte de tous les instants. Ne pas retomber dans la facilité, dans l’acceptation de ce qui ne me convient pas, dans l’abandon de mes valeurs, de mes envies, de mes passions.

Au boulot, ce n’est pas la passion mais ce n’est pas non plus désagréable et je suis bien payée. Je ne renonce pas pour autant à mes projets d’écriture ou de création d’une activité de service (dont je vous parlerai peut-être quand j’en saurai plus), mais en attendant, ce que je fais est un bon compromis entre intérêt, salaire intéressant et peu de stress du fait d’excellentes conditions de travail (les discussions avec mes collègues ont porté leurs fruits, tout le monde se sent beaucoup plus à sa place maintenant).

Donc d’une situation de déséquilibre et de mal-être profond j’arrive en aménageant chaque pan de ma vie à ma façon, à un nouvel équilibre, sans casse, sans rupture ni démission.

C’est un peu tôt pour tirer un bilan entièrement positif, j’attends encore les prochains mois pour voir si l’équilibre persiste et si mes projets se concrétisent doucement, si mon couple continue dans sa pente ascendante, mais en tout cas, c’est bien parti.

Parfois je me dis que, de l’extérieur, on me croit souvent un peu folle, impulsive, mais qu’en réalité mon cerveau est assez bien conditionné pour le bonheur. Quand ça ne va plus, il remet tout à plat, et m’envoie tous les signaux pour que je réagisse.

Ou alors, j’ai juste su décoder les signaux, j’ai eu la force d’y faire face. Période qui restera gravée dans ma mémoire comme passablement compliquée et difficile mais, si je m’en sors comme ça, l’issue sera vraiment positive.

Comme si j’avais en quelque sorte rechoisi ma vie, mais en l’aménageant…

Prochaine étape : l’aménagement de ma maison et de mon jardin. J’ai un peu commencé dans mon salon, j’ai des idées, ça se fera progressivement…

Angoisse

Les émotions paralysantes

Hier, au boulot, j’ai eu une journée de dingue et j’ai aimé ça. Je me suis sentie compétente, utile, je ne me suis pas ennuyée une seconde, je savais ce que j’avais à faire, comment le faire et c’était bon.

Jeudi j’ai passé une journée difficile. Engluée dans mes problèmes relationnels avec ma collègue, qui est très sympa et avec laquelle je m’entends très bien, mais qui était seule sur le poste avant que j’arrive et qui a du mal à retrouver sa place depuis son retour de congé mat. Elle me reproche de lui prendre son travail, de lui voler la vedette par moments, de récupérer (pas par ma faute, elle le sait, mais elle le vit mal) des dossiers qu’elle aurait aimé traiter… On a parlé, j’ai pleuré, (enfin, dans l’autre sens), alors que j’étais fragilisée par le comportement de notre cheffe qui nous étouffe.

On a parlé entre nous deux, et on a parlé à notre cheffe. La journée a été éprouvante, j’ai du mal à gérer mes rapports avec les autres, surtout quand il y a un enjeu. J’ai été si mal toute la journée. Elle, un peu en colère, puis mieux. Elle n’a pas du tout été dans le même état que moi, je me rends compte que je n’arrive pas à gérer ce genre de choses. Je règle les problèmes quand même (la conversation avec notre cheffe, à trois, a été très productive et constructive), mais j’y laisse toute mon énergie. Je suis rentrée lessivée, vidée, à cran, tremblante et les larmes au bord des yeux. Pourtant, rien de bien grave. Rien de définitif surtout, puisque le lendemain, tout allait bien. On a identifié un malaise, on en a parlé, et ça va mieux. C’est donc une très bonne solution, et pourtant, dans quel état je me suis mise jeudi…

Je l’apprécie beaucoup et je n’aime pas qu’elle puisse penser que je veux lui voler sa place. Ce n’est tellement pas moi. Ce n’est tellement pas mon intention. Pour autant, je ne peux pas sans cesse m’effacer pour lui laisser la primeur, les honneurs, les dossiers les plus intéressants. Parfois c’est elle, parfois c’est moi. C’est comme ça. Il faudra bien qu’elle trouve sa nouvelle place. Mais j’ai du mal à penser comme ça. J’ai envie de la préserver, j’ai parfois le réflexe, pour lui faire plaisir, de lui laisser les dossiers qu’elle aime, de la laisser aller seule à une réunion. Et au final, c’est toujours moi qui trinque. J’ai toujours été comme ça, en tout cas avec ceux qui comptent. Leur bien-être m’est indispensable et m’apporte aussi du bien-être (c’est l’empathie poussée à l’extrême…), donc je fais tout pour qu’ils soient bien. C’est pareil que dans mon couple. Il serait peut-être temps que j’apprenne à ME préserver, aussi.

Que j’arrive à régler des conflits ou des tensions sans me sentir totalement en danger, totalement en stress. J’ai été, toute la journée, dans un état émotionnel extrême, mon corps tendu, incapable de me détendre, incapable de penser à autre chose, de souffler, de me reposer trente seconde. Seulement du stress, chaque minute, toute la journée. Même la séance de yoga du midi n’a pas eu d’effet durable, à 14h j’étais à nouveau dans le stress.

Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas mise dans cet état. Ca m’a perturbée. J’avais pris du recul sur ce genre de situations. J’avais appris à m’affirmer un peu, à me blinder un peu, à retrouver mon calme en toute circonstances. Là, je n’ai pas pu. Le soir, j’ai été dîner avec une copine, c’était sympa, dans un resto convivial, une petite table à l’écart, on était bien installées, et pourtant le stress n’est pas retombé. Mon corps m’envoyait des signaux bizarres, j’ai eu des sensations de malaise dans la soirée, puis dans la nuit. Des rêves agités, des sensations désagréables d’étouffement. Heureusement, ça n’a pas duré, le lendemain je me sentais très bien. Ce n’est rien du tout mais ça m’étonne. Comme un retour en arrière, à l’époque où je ne gérais pas du tout mes émotions.

Très bizarre. Désagréable. Je me sens une handicapée de la vie sociale, dans ces cas-là. Je n’aurais souhaité qu’une seule chose : me replier, seule, dans un plaid près du feu…

L’autiste asociale, le retour…

 

Projet, reconversion

Bouillonnement

Au boulot en ce moment, c’est calme. Très calme, trop calme, et je m’ennuie. Et quand je m’ennuie, je pense, et quand je pense, j’ai plein d’idées, et quand j’ai plein d’idées, je fais des projets.

Ces journées interminables, à envoyer quelques mails sans intérêt, à remplir quelques tableaux qui ne servent à rien, à lire quelques documents devant lesquels je manque m’endormir, me sont de plus en plus insupportables. Le rapport avec mes collègues, ma hiérarchie, aussi, me sont devenus insupportables.

J’ai cette conscience assez aigüe et plutôt pénible, que je n’apporte rien à l’administration dans laquelle je travaille. Pourtant, c’est faux, je le sais. Je sais que j’apporte certaines de mes compétences, certains de mes talents, mais je dois sans arrêt canaliser mon cerveau, l’empêcher de partir dans la création et la réflexion car ce n’est pas ce qu’on me demande.

Et cet encadrement permanent de mes pensées est épuisant. Ces journées, pourtant calmes, assise devant un ordinateur, m’épuisent car l’ennui prend de plus en plus de place.

Alors, je recommence à me demander ce que je pourrais faire d’autre. Evidemment, j’ai plein de pistes. Pour l’instant, tout me paraît plus rose que ce que je fais aujourd’hui, je ne m’emballe pas pour autant, je sais que je suis dans une phase de bouillonnement où toutes les idées me viennent en vrac, sans hiérarchie, c’est brouillon, inorganisé, chaotique, et ce n’est pas grave. Maintenant que je connais le processus pour avoir, trier puis concrétiser des idées, je n’ai plus qu’à le suivre, sans m’embarquer tête la première dans la moindre idée qui me fait kiffer.

Il faut que je passe mes idées au crible de la réalité, il faut que j’imagine, que j’écrive, que je développe chacune d’elle et que je ne garde que celles qui me font le plus vibrer.

J’aimerais trouver quelque chose qui puisse ne pas trop insécuriser Monsieur. Qui puisse être lancé, commencé, sans chambouler toute notre vie d’un seul coup, avant de savoir si ça peut marcher. Moi j’aime le risque, j’aime l’aventure et j’ai cette étrange mais délicieuse sensation d’omnipotence, de me sentir à l’aise dans beaucoup de domaines et d’avoir la certitude que je peux y arriver. Qu’il suffit de lire, de se renseigner, de faire un stage, d’apprendre pour savoir faire. Et je n’ai aucun doute sur mes capacités à apprendre et à en tirer le meilleur parti pour pouvoir créer autrement.

Mais je ne suis pas seule. Peu importe ce qu’on peut penser de ceux qui ne tentent pas, qui ont peur, qui préfèrent leur routine, je veux sortir de ce jugement, je ne peux qu’accepter, mais je dois faire avec. Il est là, il est rassurant, il rapportera le salaire tous les mois qui nous fera vivre si mes projets échouent, alors je dois aussi prendre ses angoisses en compte.

Moi je fonctionne dans l’ouverture. Plus il y a de possibilités, plus le champ s’ouvre, et mieux je me sens. Lui, il a besoin d’organiser et de décider. De restreindre les possibilités, de prendre une décision et de s’y tenir. Ma façon de fonctionner n’est pas meilleure que la sienne. Elle est juste différente. Si je reste avec lui, je dois faire avec.

J’ai décidé de ne plus me restreindre. Jusque là j’essayais de me forcer à me concentrer sur un aspect, une tâche, un projet, pour voir comment les choses pouvaient se passer. Mais en réalité, je n’ai jamais fonctionné comme ça. J’ai toujours tout fait en même temps, entrepris mille choses en même temps. Alors peu importe si je ne sais pas où me mènera ma relation, peu importe si je n’ai toujours pas fini mon roman (mais grâce à cette formidable énergie créatrice, j’ai pu m’y remettre récemment, enfin…), peu importe si je me disperse, c’est comme ça que je fonctionne. Comme ça que quelque chose de bien émerge, car mon cerveau a besoin d’être stimulé sur plusieurs choses pour fonctionner à plein régime et donner le meilleur de lui-même.

Je ne sais pas par où je vais commencer, je ne sais pas si je vais y arriver.

Je sais une seule chose : pierre après pierre, je vais initier, poser des jalons, avancer, pas après pas, et seulement après, je pourrai savoir où ce chemin me mène.

Etre heureux, liberté

Le temps perdu

Lâcher prise.

Arrêter de penser pour observer, écouter.

Arrêter d’écrire des lignes et des lignes sur mes états d’âme et mes questions existentielles.

Arrêter de vouloir une décision rationnelle dictée par la logique et l’objectivité.

Prendre enfin en compte ce que JE suis et ce que JE ressens, écouter mes émotions et les laisser prendre les décisions qui s’imposeront.

Pour cela, apprendre à leur laisser une place. Une vraie place. Les nommer, les voir, les écouter, les laisser exister sans les combattre, sans vouloir toujours rationaliser, objectiver.

J’envie les personnes sans attaches. Celles qui ont compris depuis toujours que leur liberté n’avait pas de prix, qu’elles ne pourraient s’épanouir que sans engagement, sans contrainte ni affectives ni géographiques.

Hier, je regardais un reportage sur La Réunion et j’ai eu envie de m’installer là-bas. De tout quitter et de vivre de débrouille, dans la nature. J’ai vu les gendarmes de haute montagne et j’ai eu envie d’être gendarme de haute montagne. J’ai vu des gens passionnés, libres, et j’ai eu envie de leur ressembler.

J’ai dit à Monsieur « tu vois, eux toute la journée ils arpentent la montagne pour aider les autres. Et moi je fais quoi ? Je suis assise sur un canapé à regarder la vie des autres. C’est pitoyable ». Il m’a répondu « pourquoi tu dénigres la vie de la majorité de la population ? ». Je ne dénigre pas, mais moi, ça ne me plaît pas.

Cette nuit, j’ai rêvé que je quittais mon boulot. Sans rien derrière, sans filet, seule, et ça ne m’angoissait pas. Dans ce rêve, je réalisais soudain que je partais de mon poste mais que rien ne m’attendait ensuite. Et j’ai eu un sentiment libérateur de bien-être ! Et je me suis dit, toujours dans mon rêve, que j’avais un peu d’argent de côté et que j’allais prendre une année sabbatique. Ou que j’allais monter ma petite affaire de consultante. Je mettais l’argent au second plan, comme si ce n’était pas une donnée du problème. Et ça m’a plu.

Et j’ai envie de faire ça. De réfléchir à un autre métier (j’y ai déjà pas mal réfléchi), de tenter, de me dire « on verra bien » et « l’argent n’est pas une barrière ». Certes, mais il faut faire vivre mes enfants quand même.

C’est la crise de la quarantaine approchante, peut-être. Envie de tout plaquer et de me consacrer seulement aux choses qui ont de la valeur.

Comme consciente de tout ce temps perdu, comme observatrice du grand sablier du temps qui laisse les minutes, les jours, les mois, les années s’écouler sans jamais agir. En ne faisant que rêver. Et je me dis que si je meurs demain d’un cancer fulgurant, je m’en voudrais de n’avoir réalisé que les rêves les plus accessibles (vivre au bord de la mer, faire des enfants), et d’avoir laissé les autres en friche. De ne pas m’être occupée de ce qui fait vraiment battre mon cœur.

J’ai envie de ne plus perdre une seconde. Et je passe des journées entières, assise devant un ordinateur, à faire des choses qui sont utiles certes, qui ne sont pas inintéressantes certes, pour lesquelles je suis payée correctement certes, mais qui ne me font pas rêver. Qui ne font pas battre mon cœur. Qui n’ont pas de sens.

Heureusement, au milieu de ces longues heures perdues, il y a ces câlins faits à mes garçons, ces petites phrases qui valent de l’or et qui restent gravées dans ma mémoire, cette sensation d’être là avec eux, là pour eux, et puis ce manuscrit que je suis sur le point d’envoyer aux éditeurs.

Pas mon roman non. Malheureusement celui-là n’avance pas, la faute à mes problèmes de couple qui rendent l’écriture trop difficile. Non, un témoignage sur la PMA, le récit de deux ans et demi de ma vie. Comment vit-on ce parcours, quelles en sont les implications sur le couple, sur la vie professionnelle, sur notre rapport à la féminité, à la parentalité, à la pression sociale.

Je n’en attends pas de miracle, mais je devais le faire. Je voulais le faire depuis longtemps, j’espère qu’il sera accepté par un éditeur…