Projet, Vacances

Vacances de printemps…

Une semaine de vacances en famille. Une semaine sans penser au travail, à ce travail alimentaire qui occupe 80% de mes jours ouvrables. Une semaine sans lire ses mails, à elle qui décide, qui impose, qui questionne, qui surveille, qui demande, qui gère tout. Une semaine où mes pensées pourront se concentrer sur mes projets, où j’espère avancer, réfléchir, écrire mes pensées en vrac sur mon carnet comme un brainstorming, mettre des astérisques devant les meilleures idées ou les termes qui parlent le plus. Ecrire en vert, en rouge, en bleu, et donner du contenu, petit à petit, à ces idées qui s’agencent doucement.

Essayer de lutter contre mon pote le syndrome de l’imposteur, celui qui me dit « tu n’as pas de formation », « tu n’as pas fait d’études dans cette branche », « qui es-tu toi pour penser que tu pourras apporter quelque chose aux gens ? ». Le problème c’est que ce syndrome n’est pas seulement dans ma tête, il est largement partagé autour de moi et je sais que je vais le revoir passer lorsque je commencerai à parler de mon projet. Pour l’instant, je me tais. J’en ai parlé à mes amies les plus proches, à mon conjoint, mais c’est tout.

Les autres nous renvoient tellement leurs propres peurs et croyances limitantes… il en faut de la force pour aller contre ses propres peurs et contre la peur des autres aussi. On peut choisir de ne pas les écouter, mais ce n’est pas si facile. On est tellement influençable quand on a un projet. On est à l’affût des avis des autres. On aimerait tellement entendre « trop géniale ton idée ça va marcher c’est sûr ! » et on entend « ah bon, oui peut-être.. t’es sûre ? » ou « mais tu sais, ce n’est pas si facile de créer une entreprise ». Je pense qu’il faut écouter, un peu, et puis prendre du recul, surtout (sur tout). Il faut se faire confiance, beaucoup, mais prendre quand même les conseils qui nous font avancer. Ceux qui sonnent juste, ceux qui résonnent. Ceux qui sont constructifs et qui ne visent pas au découragement.

Entendre un peu, mais pas trop. Et croire en soi, beaucoup, passionnément. Se répéter qu’on a du talent et qu’on va y arriver.

Commencer petit, aussi. Commencer au minimum, sans attendre d’être totalement prêt, totalement formé, totalement sûr de soi car ce moment n’arrive jamais. Se lancer, un jour, avec une prestation minimale, dans des conditions minimales, avec un prix minimal. Et ajuster ensuite, avec l’expérience.

J’ai acheté deux livres pour compléter mes connaissances sur les pratiques dont je souhaite m’inspirer, et je pense lire pas mal de choses encore. Tant pour me donner des idées, des outils, qu’une formation que j’espère aussi accélérée qu’éclectique et qui me permettra d’offrir une synthèse de tout ce que j’ai vu, lu, et pratiqué moi-même.

Une semaine de vacances, aussi, pour profiter des moments en famille, écrire, lire, et m’occuper du jardin. Mettre à contribution ces quatre petites mains qui aiment triturer la terre pour planter des fraisiers, des radis, faire un carré potager et pourquoi pas investir dans un petit composteur et une cuve de récupération d’eau de pluie.

Beaucoup d’autres envies pour ces vacances : faire des balades à vélo maintenant que boy number one a enfin compris qu’il savait faire et que non, le vélo n’allait pas le jeter tout seul dans le ruisseau que longe le chemin ; manger une glace sur le front de mer ; boire des mojitos sur la terrasse (d’où l’importance de la menthe dans le jardin !) ; aller à la plage même avec un sweet pour jouer dans le sable ou hurler pieds nus dans l’eau froide ; initier les enfants à la rando ; faire du tri façon Marie Kondo à la maison (entendre jeter et donner le plus possible). Et aussi emmener mon aîné chez ma psy pour parler de sa démotivation à l’école… peut-être un sujet pour un prochain post, mes deux enfants détestent l’école ou comment je vais en chier toute leur enfance…

Une semaine seulement, avec tellement d’envies et de projets que je m’imagine déjà, dimanche soir, avec le blues de la fin de vacances qui passeront forcément beaucoup trop vite.

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Etre heureux

Gérer le SPM

SPM…. voilà un bien étrange sigle…

SPM comme Syndrome Pré Menstruel.

Vous savez, ce truc qui fait qu’un matin, sans que vous compreniez pourquoi, vous vous réveillez de mauvais poil, rien ne va, vous avez mal dormi, mal au ventre et envie d’étrangler le premier venu ? (surtout quand celui-ci partage votre lit ?).

Je pense que j’ai découvert le SPM il y a moins d’un an. Dingue, non ? 25 ans que je suis concernée, et ce n’est que maintenant que je comprends VRAIMENT ce truc. Et donc, que je peux le gérer, aussi. Accessoirement…

Un jour, ma collègue et amie est arrivée le matin en me disant « je suis super énervée, en plus je suis en plein SPM ». Et moi « ???? en plein quoi ? » Ah ok, tu vas avoir tes règles quoi…! Je ne comprenais pas trop.

Récemment, j’ai lu un article sur les conséquences des hormones féminines, jour après jour. Et ça m’a bluffée ! Ou comment notre humeur et notre sommeil sont directement liés à ces hormones…

Et c’est comme ça que j’ai appris, entre autre, que la dernière semaine de notre cycle, nous étions plus irritables (bon ça, ce n’est pas une surprise…), plus sensibles à la douleur et à l’inconfort, que notre sommeil était perturbé, la faute à l’augmentation de la température corporelle après l’ovulation qui nous empêche de bien dormir, et que nous avions aussi des difficultés digestives et de concentration.

Quel intérêt de savoir tout ça ? Parce que quand on sait, on gère.

Quand on se lève avec l’envie de se pendre et que le moindre mot déplacé d’un collègue nous donne envie de mordre, quand on n’arrive pas à se concentrer, qu’on a mal au ventre et qu’on rêve de se recoucher avec une bouillotte sur le bas-ventre, il suffit d’un mot dans notre cerveau « SPM » et on se détend.

Et oui, c’est normal. C’est physiologique. C’est hormonal. Et qui dit hormonal, dit aussi passager. Ça va passer. Ce n’est pas le jour de prendre une grande décision, de quitter son conjoint parce qu’il a laissé une odeur suspecte dans les toilettes avant notre lever ou de tenter un semi-marathon en moins d’une heure, on explique, on se chouchoute, on se tait, on respire et… on attend que ça passe… et on n’hésite pas à laisser un petit « désolée pour ce matin, j’étais un poil énervée, je suis en plein SPM » à sa moitié qui n’a pas vraiment compris pourquoi on pétait un plomb pour une chaise déplacée ou des clés qu’on a mal rangées.

Tout ceci m’amène à faire un lien avec un autre article que j’ai lu cette semaine, ou pourquoi les femmes résistent mieux que les hommes à la charge mentale. Parce qu’en réalité, elles sont habituées ! Depuis leur adolescence, habituées dans leur corps et de façon souvent totalement inconsciente, à calculer, prévoir, gérer leur vie en terme de cycles et de périodes. Et avec ça, à gérer de l’inconfort dans leur vie. Tous ces petits tracas, qui paraissent bien souvent anodins quand on ne le vit pas dans son corps, ne sont pas forcément de la douleur mais au mieux de l’inconfort.

Survivre à cette journée où rien ne va, où, alors que rien n’a changé par rapport à la veille, on se sent mal, déprimée, sans énergie, c’est de l’inconfort. Et ça revient tous les mois. On gère, on est habituées.

Quand je pense qu’il faut 20 ans de SPM pour arriver à le gérer !!! (moins les années sous pilule moins les grossesses et allaitements. Oui, ça ne fait pas tant que ça finalement.).

Aujourd’hui, quand je le repère (indice : avoir envie de casser le sèche-cheveux quand une mèche ne tombe pas bien suite au brushing est un bon début…!!!), je le dis à mon conjoint qui, sans vraiment compatir, prend un peu mieux mes sautes d’humeur, et puis j’adapte ma journée. Je supprime tout ce qui n’est pas nécessaire et qui me fatigue d’avance, je mange léger et croque du chocolat noir pour son effet anti-dépresseur, et surtout je conditionne mon cerveau pour ne pas trop penser. Ce n’est pas le jour. Juste accepter cet état comme une étape normale, savoir qu’on ne va pas être au top aujourd’hui et se préserver quelques petits moments de détente dans la journée.

Comprendre et accepter l’effet des hormones sur notre humeur, ne pas lutter, attendre que ça passe…

Projet, reconversion

Risque et sécurité

Je me suis souvent demandé ce qui avait bien pu me pousser dans un métier de l’administration, ou encore dans les bras de quelqu’un pour qui la sécurité était le but ultime de toute une vie.

Pourquoi, avec une âme de rebelle comme la mienne, je n’ai jamais été capable de faire autre chose que ce que la norme sociale imposait.

Alors que, les yeux grands ouverts sur le monde, je rêve d’aventure, d’adrénaline, de liberté, les yeux fermés sur mes envies j’achète un pavillon dans une zone résidentielle et j’essaie de faire semblant de me réjouir de mon poste de cadre dans l’administration. Je fais deux enfants de trois ans d’écart à qui je fais faire du sport et de la musique, et je pars en vacances dans des maisons de location au mois de juillet.

Le seul fait d’écrire le paragraphe qui précède me fait totalement flipper. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui peut faire qu’à un moment, on étouffe ses besoins les plus fondamentaux pour se ranger dans une vie normée alors qu’on n’aspire qu’à la rébellion et à la liberté ? Pourquoi, quand j’ai envie de dire « merde », je dis « d’accord pourquoi pas ? »… Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?

Pourquoi est-ce que, quand j’ai envie de tout quitter, je reste quand même…? quand j’ai envie de créer, je procrastine…? quand j’ai envie d’un autre boulot, je n’en parle qu’aux personnes qui vont me dire « mais tu te rends compte du confort que tu as ? Et tu veux quitter ça ? »…?

Oui mais moi, le confort, ça m’ennuie. J’ai besoin de stimulation, d’adrénaline, tout le temps. De me dépasser. De me donner des challenges, des objectifs un peu fous, des rêves inaccessibles que j’ai envie d’atteindre.

Sauf que toute mon enfance, on m’a dit qu’il ne fallait pas. On m’a montré comment entrer dans le moule et taire toute pensée dissidente. On m’a dit « tais-toi », « parle moins fort », « fais des études de droit, c’est bien, tu seras fonctionnaire », « attends la retraite, tu pourras faire ce qui te plaira » (!!! un comble non ? Mon propre père m’a dit ça en pensant me remonter le moral…), « laisse parler les adultes », « va jouer dans ta chambre ». J’ai été exclue toute petite du monde des adultes qui me fascinait tant, et cette exclusion a fait germer en moi l’idée que ce monde fantasmé était finalement bien décevant, bien triste.

Petite, d’ailleurs, j’étais sûre que je mourrai jeune. Je disais autour de moi que je n’aurai jamais d’enfant. Je ne voulais pas grandir, je ne voulais pas devenir un adulte avec une vie triste et terne. Et qu’est-ce que j’ai fait ? Comme tout le monde. Je n’ai pas su écouter la petite voix dans mon cœur qui me susurrait l’idée qu’autre chose était possible.

Tout ça pour dire, qu’aujourd’hui je me rends compte du poids que des actes, des gestes et des paroles d’adultes peuvent avoir sur les rêves des enfants. Je me rends compte que si aujourd’hui je rêve de démissionner et de créer mon activité, les principaux freins qui m’en empêchent ont été inculqués dans mon cerveau d’enfant, par des parents fonctionnaires qui ne juraient que par la soumission à l’autorité. Aucune rébellion possible, aucune pensée dissidente possible, seulement se taire et obéir.

Aujourd’hui, je veux faire autrement, être autrement. Ecouter enfin, 39 ans après, celle qui hurle sa liberté au fond de mon cœur. Celle qui se fiche de la crainte des autres, des normes et des pensées communes. Celle qui va enfin élever la voix, peut-être non sans fracas. C’est un risque. Et j’aime le risque.

J’ai une idée, de plus en plus précise, de l’activité que je veux démarrer. Je pense savoir à peu près comment commencer, quoi offrir, sous quelle forme. Cela demande encore de la réflexion et quelques lectures ciblées, afin de pouvoir commencer à développer un service « de base » qui me servira de test.

Pour cela, j’ai besoin de faire le deuil d’une partie de mon éducation. Ce n’est pas facile. Le processus est entamé depuis deux ans et demi, et je serai bientôt prête. Se détacher de tout un conditionnement est compliqué, mais pas impossible.

Pour m’aider, j’ai plusieurs armes. La première, c’est la confiance en soi. Je me répète que j’ai du talent pour faire ce que je veux faire et que je dois exercer ce talent au lieu de le laisser inutilisé. Je me répète aussi que cette société a besoin que chacun développe son ou ses talents pour être plus équilibrée, plus saine, plus heureuse. Que si chacun, à son niveau, œuvre avec le meilleur qu’il a en lui, tout le monde sera plus épanoui.

La deuxième arme, c’est la méditation et le yoga. Rien à voir avec mes blocages psychologiques a priori, sauf que ces deux pratiques permettent de se recentrer sur soi, sur l’essentiel, sur le corps et sur les ressentis. Des ressentis bruts, sans aucun jugement. Se reconnecter à ses émotions et reprendre le contact avec ce qu’il y a au plus profond de soi.

La troisième arme, c’est la pleine conscience. Bien évidemment liée aux pratiques du paragraphe précédent, la pleine conscience aide à ne pas trop anticiper, ne pas appréhender l’avenir ni se soucier trop du passé. La pleine conscience, c’est être vraiment là, dans chacun de ses gestes et dans chacune de ses paroles. Et être pleinement dans l’instant présent fait tout naturellement diminuer le stress et l’anxiété.

La quatrième arme, c’est le sport et le sexe. Oui, les deux. Parce que les deux permettent d’oublier ses pensées angoissantes, de libérer des endorphines et de la dopamine. Produire au maximum les hormones du bonheur, pour voir la vie en rose… Et puis ne plus être dans l’intellectualisation de tout, se libérer des pensées pour s’ouvrir aux sensations physiques, physiologiques, à la sensualité (oui le sport c’est aussi de la sensualité au sens premier) et se reconnecter à tous ses sens.

Ou comment lâcher prise avec les pensées limitantes, éloigner les angoisses, reprendre confiance et se dire que faire autre chose, différemment, ne signifie pas forcément danger.

Etre maman

L’enfer des mercredis

Bon je le dis tout de suite afin de dissiper les malentendus : j’adore mes garçons, j’aime passer du temps avec eux. Oui, mais du temps de qualité.

Le mercredi, c’est l’horreur.

Le réveil est toujours beaucoup trop matinal, ptit deuz ayant décidé il y a plusieurs mois déjà que dormir jusqu’à 7h équivalait à perdre son temps et venant toquer à notre porte à 6h40 en moyenne avec un « je peux descendre ? » qui ne souffre aucune réponse négative. En général, réponse négative il y a, et crise s’ensuit. « J’en ai marre de dormir toute la journée » (!), « je veux la télé et un gros bibi chocolat jusqu’en haut », et quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, sa nuit est définitivement terminée. Et la nôtre aussi par la même occasion. En général, cette négociation suffit à réveiller son frère…

Ensuite, tout est timé. Tout le monde doit être prêt à 10h15 pour emmener numéro un au conservatoire, devoirs faits, enfants habillés, douche prise pour moi, petit dej avalé, le tout en essayant de ne pas dépenser pendant cette petite période l’essentiel d’énergie disponible pour tenir toute la journée. Les devoirs, parlons-en… Alors que toutes mes copines me disent « ah nous les devoirs, ça va vite, et puis il/elle aime ça, en dix minutes c’est fait ! » mon CP à moi, chouine, négocie, rampe par terre, va se cacher, crie, et finit tant bien que mal par réviser les mots pour sa dictée au tableau de la cuisine, en faisant n’importe quoi, en n’écoutant pas ce que je dis, en écrivant le plus mal possible et en ricanant dès que je commence à m’énerver.

C’est en général durant cette phase que je commence à perdre patience et que mes bonnes résolutions (« aujourd’hui, je ne m’énerve pas, je profite ») tombent dans l’oubli. Sans compter que le deuz choisit en général le moment des devoirs de son frère pour me solliciter « maman je veux jouer dehors », « j’ai faim je veux une tartine », « je veux faire de la pâte à modeler », et en profite pour agacer son frère (« hein maman même s’il veut pas faire ses devoirs il doit les faire quand même ? »… crise du CP déjà sur les nerfs s’ensuit…).

Après les devoirs, et lorsque le lave-vaisselle est vidé, la cuisine rangée, le petit dej enfin fini (chez vous aussi ça dure la moitié de la matinée le petit dej ???), je vais prendre une douche. En tout cas, essayer de prendre une douche dans des conditions normales, entendez seule dans la salle de bain et dans le silence. Je prends soin de briefer les tyrans, yeux dans les yeux je leur explique que je ne serai pas disponible pendant un petit moment, qu’ils doivent jouer tranquillement sans hurler, sans se battre et sans retourner toute la maison. Petits yeux rieurs, tentatives d’amadouage et de « promis maman on va être super sages ». Dans le meilleur des cas, je prends ma douche sur fond de hurlements. Le plus souvent, ils débarquent dans la salle de bain avec force griefs l’un contre l’autre, et en profitent pour mater au passage (Œdipe, bonjour !), voire pour faire des remarques désagréables (« t’as vu ses fesses ? Elles sont grosses hein ? » ou « j’ai vu ta culooooooootte ! »).

La journée est ponctuée par les obligations liées aux activités (musique, sport) du CP. Heureusement, le petit frère n’en a encore aucune, toute la semaine à l’école, garderie et cantine étant largement suffisant à son âge. Il reste donc avec moi et me suit dans tous mes déplacements. Stress de l’horaire, installation x2 dans les sièges auto, stress sur les trottoirs quand ils courent comme des dératés et que je leur hurle de s’arrêter au passage piéton, petites mains dans les miennes quand j’ai beaucoup de chance.

Au milieu de tout ça et tant bien que mal, je tente de tenir un peu la maison, lessives, balai, rangement, et que le repas soit prêt à l’heure car à 13h40 le grand part au sport (à ce sujet, y aurait pas un peu trop de repas à préparer dans une semaine ?). Heureusement, sa meilleur copine y va aussi et je ne fais qu’un aller-retour, la maman de la copine fait l’autre. A la place du premier aller-retour je tente désespérément de mettre petit deuz à la sieste mais ça devient compliqué, en général j’essaie de me poser un peu pendant qu’il me saute dessus ou me demande un DVD 547 fois avant que je ne finisse par céder, excédée par ma faiblesse mais ayant bien conscience que dire oui dès la première fois m’aurait épargné beaucoup d’énergie. Si j’ai de la chance, il joue sagement, dans sa chambre pendant un petit moment, puis en bas avec moi. C’est le meilleur moment de ma journée, celui où, enfin, je m’autorise une petite pause, avec un café bien fort…

L’après-midi s’accélère à partir de 15h. Si le petit frère a dormi, je dois le réveiller pour aller chercher le grand et en général je supporte comme je peux sa mauvaise humeur. Souvent nous avons une course à faire ensuite, voire plusieurs. Passer chez une copine qui a des enfants du même âge, rendre des livres à la médiathèque, aller à la mairie pour les inscriptions à la cantine, au centre social pour la garderie périscolaire, bref toutes ces petites choses qu’on ne peut faire qu’en semaine entre 9h et 18h. Avec deux enfants qui ont besoin de se défouler, qui grimpent et rampent partout, et qui se tapent dessus à la moindre occasion.

C’est une journée qui met les nerfs à rude épreuve. Même si évidemment au milieu de toutes ces contraintes on peut compter quelques bons moments, des jeux, des rires, des câlins, des questions existentielles dans une petite bouche de six ans et demi, des réflexions de grand qui m’étonnent à chaque fois, ces mots d’adulte avec sa voix de petit garçon. Et la peau du trois ans et demi qui sent encore le bébé et que je sniffe dès que je peux en essayant de ne pas le mordre…

Le jeudi matin, le retour au bureau me paraît un repos bien mérité.

Heureusement, le mercredi, y a Grey’s Anatomy…

 

Etre heureux

Connexion

Quand le réveil sonne, le matin, on se tire avec difficulté et douleur du sommeil. On n’a pas assez dormi. On a mal dormi. On se réveille fatigué, cerné, de mauvaise humeur parfois. Il fait encore nuit, ou il fait jour depuis longtemps, mais peu importe, on est groggy, l’impression qu’il nous faut une grue pour nous sortir du lit, un litre de café pour émerger, une douche brûlante pour être enfin capable de faire face à sa journée.

On ouvre les volets, par habitude. Machinalement. On ne regarde même pas dehors, on n’a pas le temps. Les tâches s’enchaînent, les obligations, l’œil sur la montre. D’ailleurs il y a l’heure sur le four, l’heure sur notre poignet, l’heure à la salle de bain, l’heure dans la voiture. Chaque minute compte. C’est un challenge. Un défi. Combien de temps nous faudra-t-il, aujourd’hui ? Allons-nous gagner cette course, cette minute précieuse qui nous fera passer avant le camion poubelle dans la rue, avant l’embouteillage, avant que toutes les places soient prises ?

On avale un café, un bout de pain. Confiture, chocolat, miel, vite du sucre pour l’énergie. Il faut que ça carbure. Que le cerveau soit au top et que le corps ne lâche pas. Il nous faut parfois avaler des vitamines, en comprimé, ça va plus vite, des médicaments, un pour la tension, un pour le stress, un pour cette douleur en haut du dos qui ne passe pas, et un tube d’aspirine dans le sac à main pour la migraine qu’on verra pointer à 11h.

Les enfants sont une contrainte. Toujours trop lents, toujours malhabiles, on part dans 7 minutes, pas une de plus ! et ils sont encore en pyjama « attends maman, je joue ! », « ma voiture bleue elle a plus de pile maman ! Il faut en remettre MAINTENANT !!! ». On s’énerve, on crie, on les presse, mais vous ne comprenez donc pas qu’on est EN RETARD ! Il faut attacher les ceintures, installer les cartables. « Oh maman regaaaarde, la lune ! » « ouais c’est ça, j’ai pas le temps ! ». On leur dit de se taire, on est fatigué.

Fatigue, stress, surmenage, on s’épuise.

Et puis un jour, presque par hasard, on entend le chant d’un oiseau. On se réveille un peu plus tôt. On lève la tête, on redresse les épaules, on regarde dehors, le soleil se lève, on oublie l’heure. On fait un câlin à un enfant tout chaud de sommeil, on lui coupe des fruits, on lui sourit, on l’écoute. On est en retard, probablement, et ce n’est pas grave. Les minutes ne comptent plus.

On commence par aller chez le kiné ou l’ostéopathe pour traiter cette douleur dans le dos. On s’inscrit au yoga, on apprend à respirer. A s’écouter.

Et si la solution, c’était simplement de se reconnecter ? Se reconnecter à soi-même, à la nature, au monde. S’ouvrir, prendre le temps. Regarder, écouter, sentir. Ne rien faire, s’étirer et prendre conscience de chaque partie de son corps qui s’éveille.

A négliger notre corps, ses besoins, son langage, à nier ce qui nous entoure, à nous centrer sur des obligations extérieures qui nous sont imposées, on s’oublie. On oublie le sens, on perd de vue l’essence des choses. Notre perception du temps est accélérée, tronquée, rapetissée, seules comptent ces minutes qu’on gagne, ces minutes qu’on croit gagner en avalant les tâches comme si le tic-tac angoissant de l’énorme horloge réglant la vie moderne, allait imposer sa divine sentence. Enchaîner les actes, empiler les obligations, pour cette maigre satisfaction, quand vient enfin le repos, de devoir encore recommencer.

On s’oublie, on oublie le vrai temps du monde, celui qui fait l’aube, le crépuscule, l’éveil et le sommeil, les bruits et le silence, celui qui fait pousser les feuilles des arbres, s’ouvrir les bourgeons des lilas jours après jour. Le temps immuable et insaisissable, celui qu’on essaie de dompter, de compter et qui se dérobe, qui se plie, qui se déforme, celui qu’on ne peut saisir qu’en arrêtant les aiguilles et en s’affranchissant de le compter et de le découper.

Quand on commence à ouvrir les yeux sur le monde, tout apparaît clairement. L’inutilité de la plupart de nos actes, l’angoisse de nos pensées en décalage permanent avec notre présent, et ce mal-être physique qu’on croit pouvoir expliquer par des causes qui ne sont en réalité que des symptômes.

Symptômes de l’oubli et du déni. Signaux que le corps envoie et qu’on doit prendre en compte. Si on sait l’écouter, le corps nous dit tout.

Toute la journée devant mon ordinateur, mes pensées se sont faites angoissantes. Ennui, fatigue, lourdeur digestive, mal dans les jambes, déprime. Je travaillais en tentant d’oublier tout ça, je me concentrais, mon dos était courbé, mes jambes croisées, mes épaules tendues, et mon cerveau me hurlait d’arrêter. Je me forçais à ne pas l’écouter, à continuer coûte que coûte.

En fin d’après-midi, j’ai marché. J’ai senti le soleil sur mon visage, le vent dans mes cheveux. J’ai joué au ballon avec mes garçons dans le jardin. Je me suis allongée et je les ai écouté rire, courir, crier. J’ai laissé un sourire se dessiner sur mon visage. Je n’ai pas pensé au diner, au bain, à l’heure qu’il était, aux miettes sous la table. Après le repas je les ai pris dans les bras et nous avons dansé sur une musique douce.

J’ai fait des câlins, sans regarder l’heure. J’ai écouté mon grand m’expliquer pourquoi la chanson que je lui avais faite écouter l’avait fait pleurer. J’ai caressé, essuyé des larmes. Je me suis allongée sous la couette avec lui, et pour une fois, j’ai lu trois histoires. J’ai lu comme si je jouais une pièce de théâtre et savouré son regard émerveillé.

J’ai pris le temps, simplement.

Puis dans le silence de la maison endormie, j’ai fait ma séance de yoga. J’ai senti chaque muscle s’étirer, chaque organe exister, prendre sa place. J’ai redonné une existence à chaque partie de mon corps. J’ai senti les tensions s’estomper, l’une après l’autre. La détente, s’installer, dans chaque posture. J’ai tenté la posture sur la tête. J’ai vu que je progressais. Que l’équilibre, la force et la détente me permettaient de tenir plus longtemps, de monter un peu plus haut.

Puis, je suis redescendue. Le front sur le tapis, les mains devant, les fesses sur les talons, tout mon corps s’est détendu, soudainement. J’ai pleuré. Un gros sanglot, incontrôlable. Pourtant je ne ressentais aucune tristesse ni aucune angoisse.

Mon corps qui parlait, simplement.

liberté, rêves

Ces croyances qui nous guident

On nous a dit qu’il fallait un métier. Un vrai métier salarié avec des horaires et un bureau et des collègues et des machines à café.

On nous a dit qu’il fallait de l’argent, pour vivre. Pour se nourrir, se loger, consommer. Acheter des jouets à ses enfants, des chocolats à Pâques, des fringues en soldes, de l’électro-ménager hi-tech et des smartphones connectés.

On nous a dit qu’il fallait construire une famille. Faire des enfants. Parce que les femmes font ça, elles font des enfants.

On nous a dit qu’il fallait aimer un seul homme pour la vie. Se marier à l’église avec une belle robe blanche et cent cinquante invités, un sourire immuable gravé sur un album photo qu’on regardera en famille quand les enfants auront grandi.

On nous a dit qu’il fallait avoir plus d’argent pour avoir une plus belle maison et une plus belle voiture. Parce que c’est la vie. Parce que ça fait bien. Parce que c’est ce que tout le monde fait.

On nous a dit qu’il fallait être poli, raisonnable, ne pas parler trop fort, ne pas trop rire, surtout ne pas pleurer ailleurs que dans le secret des nuits sans sommeil. Faire l’amour mais pas trop, pas n’importe comment et pas avec n’importe qui, pas dans n’importe quelles conditions ni avec n’importe quoi. Avec son mari c’est bien, sous la couette c’est mieux, avec un orgasme si possible mais l’important c’est que monsieur soit content.

On nous a dit qu’il ne fallait pas nous plaindre. Parce qu’il y a des enfants qui meurent de faim, des gens qui dorment dans la rue, des femmes battues, des orphelins, des gens malades et d’autres handicapés.

On nous a dit qu’il fallait être soignée, bien habillée, les sourcils et le maillot épilés, sentir bon et se laver tous les matins, même entre les orteils.

On nous a dit qu’il fallait tondre sa pelouse le samedi parce que le dimanche c’est interdit. Qu’il fallait tailler ses rosiers au printemps, carreler sa terrasse et faire des barbecues les samedis soirs d’été avec des amis. Sortir ses poubelles le mardi matin, faire faire des activités à ses enfants, nettoyer sa voiture de temps en temps, tailler sa haie pour que rien ne dépasse et partir en vacances à la mer.

Se lever tôt, se coucher tôt et manger équilibré. Faire du sport mais pas trop, être mince mais pas trop, être musclée mais pas trop, parler mais pas trop, penser juste un peu, lire de temps en temps, regarder TF1 le samedi soir, repasser ses chemises, repriser les chaussettes, défragmenter son disque dur, commander des chaussures, choisir un point relai, faire la poussière, nettoyer ses vitres, s’abonner au panier bio et recevoir la famille pour les anniversaires des enfants.

Et moi, je n’en peux plus. Autour de moi je les vois, ils contrôlent leur vie. Ils font tout ce qui est décrit au-dessus, et ils se disent heureux. Ils s’assoient dans leur canapé avec leur tablette à mille euros et ils sont bien. Parce qu’enfin, c’est ça, la vie, non ? Faire comme tout le monde ! Accepter parce que c’est comme ça et qu’on n’a pas le choix ! Parce que la société le veut, parce que c’est compliqué de faire autrement et finalement à quoi bon ?

Moi, je veux dire, écrire, crier qu’on n’est pas obligés. Je veux danser nue dans mon salon, je veux rire, sauter, crier, je veux avoir trois ans, trente ans, cent ans et avoir toujours dans le cœur des rires et des fleurs. Je veux de la couleur, des feux d’artifices, des larmes de joie. Je veux courir sur la plage, observer les étoiles, gravir le mont Blanc, faire l’amour avec qui je veux, quand je veux, comme je veux, choisir ceux que j’aime et ne m’entourer que de ceux-là. Je veux faire du yoga en haut des dunes face à la mer, courir pieds nus dans l’eau, jouer du piano, partir à l’aventure, vivre de ma passion.

Je veux dire ce que je ressens, parler sans censure avec ceux qui peuvent entendre, ne pas voir ceux qui jugent, ceux qui regardent, ceux qui envient. Je veux écrire mes pensées même les plus sombres et les plus complexes, sans peur d’être jugée, salie, mal comprise.

Je veux partir en vacances au bord d’un lac, faire le tour du monde à vélo, rencontrer des gens différents, des cultures différentes, éduquer mes enfants à la liberté et à l’empathie.

Je ne peux plus supporter les commérages de quartier, les réunions de famille ou les conseils d’école. Les cafés à heure fixe au bureau, les discussions creuses avec les collègues, les obligations sociales inutiles. Je reste perplexe devant les blogs de mode ou de maquillage, les jeux télévisés et les livres pour maigrir.

J’ai besoin de vrai, de beau. Je ne veux plus tout contrôler, tout ajuster, essayer de concilier les obligations sociales et les contraintes liées à l’organisation familiale.

Une autre vie est possible. Plus simple, plus vraie. Où chacun serait libre d’inventer la vie qui lui plaît. Chaque jour je fais un pas de plus vers la vie que je veux. Certains pas sont faciles, d’autres paraissent encore insurmontables. Je me répète que tout est possible. Que les freins ne sont que des croyances que l’on nous a inculquées et qu’on peut décider de croire autrement.

Création

Garder confiance en soi

Avoir confiance en soi, c’est difficile.

Garder cette confiance malgré tout au quotidien, sans flancher, c’est encore plus difficile.

Quand tout va bien, quand j’ai bien dormi, quand il fait beau, quand je suis de bonne humeur, j’ai une confiance en moi indéfectible. Je sens que rien ni personne ne peut me faire douter. Je sais ce que je vaux, je crois en moi, je n’hésite pas, je crois fort en tous mes projets, je fonce et rien d’autre ne compte.

Et puis, certains jours, c’est plus difficile. Il suffit de peu. La fatigue suffit la plupart du temps à me faire douter. De moi, de ce que j’entreprends, de l’opportunité d’une décision, de la valeur de ce que j’ai fait. De l’intérêt de ce que je veux faire.

Alors je dois jongler, jour après jour, avec ces fluctuations. Essayer de me répéter d’avancer coûte que coûte même quand je n’y crois plus. Même quand j’ai envie de tout abandonner dans un moment de fatigue. Je me répète, je l’écris dans mon carnet : ne pas douter. Ne JAMAIS douter et avancer. Suivre son instinct, et ne pas se poser de questions.

Pour mes projets d’écriture c’est compliqué car le doute envenime chaque tentative. Si je commence à douter, c’est la panne. Totale. La page blanche. La perte de temps. La relecture avec un œil si critique qu’il me ferait parfois tout supprimer dans un accès de colère.  C’est difficile de créer jour après jour et d’éviter ce regard trop critique, acerbe, dénué de toute objectivité. Ces jours-là, il m’est très difficile d’écrire. Et le fait de ne pas y arriver ravive encore plus le doute (« je n’y arriverai jamais », « je suis incapable d’écrire une ligne », etc…). Il me faut des efforts de lâcher prise et de sagesse, une bonne dose de prise de recul pour me dire, simplement, que les jours ne se ressemblent pas, qu’il y a des périodes propices et des périodes où on n’y arrive pas. Qu’on n’est pas des machines et qu’il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour que les mots sortent, pour que les idées s’enchaînent.

Le problème d’un projet à long terme comme l’écriture d’un roman, c’est qu’on ne peut pas le mener à bien en une seule fois, dans un moment propice où l’inspiration est au rendez-vous. S’il suffisait d’une nuit de folie créatrice, pour tout boucler, ce serait plus facile. Là, il faut tenir bon. Il faut créer les moments propices, il faut les reconnaître, il faut maintenir la motivation et l’inspiration dans le temps. C’est compliqué. L’idée qui paraît si brillante, si originale un jour paraît tellement fade le lendemain. Il faut tenir. Se faire confiance. Faire confiance à l’intuition d’un moment et essayer de la prolonger, de la retrouver, le plus souvent possible, le plus longtemps possible, sans flancher. Sans abandonner. Sans supprimer. Et oser aller au bout. Et arriver à s’accorder des pauses lorsque ce n’est plus le moment. On aimerait que ça aille vite, que ce soit évident.

C’est loin d’être évident.

Il faut tenir malgré tout, malgré soi mais aussi malgré les autres, qui souvent nous renvoient nos propres doutes. Alors on ne communique plus, on ne dit plus, on ne raconte plus et on garde pour soi les projets et les idées. Pour ne pas perdre de temps. Pour ne pas perdre d’énergie. Pour rester dans le secret de l’intuition dans ce qu’elle a de plus mystérieux et de plus sombre. Ne pas mettre trop de mots sur les idées pour éviter qu’elles s’envolent, qu’elles s’étiolent, tant qu’elles ne sont pas totalement mûres.

Laisser le cerveau faire son tri et agencer ces idées comme des images et des notes de musiques, car mettre des mots enferme, rapetisse, encadre.

Se répéter qu’on peut y arriver. Qu’on va y arriver. Que c’est notre destin, le sens de notre vie, et que c’est la meilleure raison pour s’accrocher. Coûte que coûte. On n’a jamais dit que ce serait facile…

Projet, reconversion

Quand ça traîne…

Depuis un certain temps déjà, je rêve de changer de vie.

Changer de métier, et faire quelque chose que j’aime et pour laquelle je sois douée.

C’est à la mode, en ce moment. On entend partout parler de reconversion, de quête de bien-être au travail, de burn out de ceux qui perdent tout sens dans leur métier. Quête de sens, de bien-être, on assiste dans notre société à la prise en compte de l’individu unique, en opposition avec la société de masse qui impose et dicte ses choix.

Pour beaucoup d’entre nous (chanceux sont les autres !) le choix de notre métier s’est fait par élimination et par raison et non par passion. Moi quand j’étais petite, je voulais être géologue, volcanologue, astronaute, maîtresse, écrivaine, et encore bien d’autres choses. Je pensais que j’avais le choix. Je SAVAIS que j’avais le choix. Tout était possible. La vie était merveilleuse et je pourrais faire ce que je voudrais.

Et puis j’ai grandi. Mon caractère s’est développé, il s’est heurté à mes parents, à mon époque, à la société, à ma famille très traditionnelle, et petit à petit, mes désirs ont été étouffés, mes passions se sont envolées, on m’a dit d’être raisonnable, de faire comme tout le monde, et je me suis tue. Ma scolarité médiocre ne me destinait de toute façon pas aux métiers exigeants que j’aurais pu choisir.

Je n’en veux à personne. J’en ai voulu à mes parents, pendant un moment, de n’avoir pas su voir qui j’étais, de ne pas m’avoir poussée, de ne pas m’avoir donné confiance en moi et de n’avoir su que me répéter « de toute façon ça, c’est inaccessible, tu n’y arriveras jamais ». J’ai donc grandi avec cette idée que les métiers auxquels je rêvais étaient inaccessible. J’ai arrêté d’y penser. Maintenant je sais que mes parents n’ont fait que ce qu’ils ont pu, à leur époque, avec leur histoire à eux, et leur fille qu’ils ne comprenaient pas. Et c’est comme ça.

Aujourd’hui j’ai plein d’idées, et surtout je connais ma valeur et mes talents. Je sais aussi que je ne peux pas tout faire, mais je sais surtout que je peux faire plein de choses.

Et ces plein de choses murissent, depuis deux ans, doucement.

Parfois je me dis que je n’y arriverai pas. Que je n’avance pas assez vite, que ça ne change pas, qu’il me faudrait juste le courage de plaquer mon boulot et de me mettre à autre chose. Et puis je me souviens, que mon conjoint n’est pas prêt à changer totalement de style de vie et que sans mon salaire, il faudrait déménager et faire attention à chaque dépense. Alors, je sais que je dois commencer en plus de mon boulot actuel. Ca prend plus de temps, c’est plus long, plus compliqué. Mais pas impossible.

Pierre après pierre, j’avance doucement. Vers la connaissance de ce que je suis d’abord, de ce que je veux ensuite, du comment, petit à petit, aussi. Les idées murissent malgré moi dans ma tête, presque sans y penser. Souvent, je m’en veux car je ne vais pas assez vite, je ne prends pas assez de temps, je ne fais pas ce que j’avais prévu, je prends des mois et des mois de retard. Mais ce n’est pas ça l’important. Peu importe quand. Ce qui importe, c’est que chaque jour j’ai en moi la conviction que j’avance vers quelque chose de mieux. De meilleur. Chaque jour je sais pourquoi je continue à me lever pour ce boulot qui n’a pas de sens. Parce qu’il me fait vivre. Parce qu’en attendant, ce n’est pas si mal. Parce que parallèlement, le reste commence à s’assembler.

Je ne parle pas de mes projets. J’ai l’intuition qu’on m’en dissuaderait. J’ai quelques pistes et j’y crois, mais je devrai faire mes preuves. On va me prendre pour une illuminée au début, mais je tiendrai bon.

Les choses se mettent en place. Mes lectures, mes discussions, mes pensées, me mettent sur la voie, progressivement. Il suffit d’être patiente, très patiente, de suivre les évidences que me dicte mon cœur, de n’écarter aucune idée ou pensée même si elle paraît farfelue, car un jour, tout s’agencera et il suffira d’agir.

J’ai confiance.

Inspiration, Spiritualité

Inspire… Expire…

Ce midi j’ai été à mon cours de yoga. Le lundi midi, c’est celui que je préfère. Notre prof est sympa, spontanée, douce, elle nous explique les chakras et nous fait chanter les syllabes sacrées, et pourtant elle sait se mettre à la portée de tous. Elle sait dire que pour ceux pour qui ça n’évoque rien, ce n’est pas grave. Elle n’essaie de convaincre personne. On entre dans le trip, ou pas, et si c’est pas, c’est pas grave.

Moi j’y entre à fond, bien sûr. Les yeux fermés pendant une bonne partie de la séance, centrée sur mon corps et mes sensations, mais aussi consciente, toujours, du groupe qui m’entoure. Entre postures d’équilibre et de détente, d’assouplissement et de renforcement musculaire, on y apprend aussi à respirer. A créer de la détente même dans les postures les plus difficiles. Une sorte d’équilibre entre détente et tension, entre difficulté et plaisir.

J’y vais, entre autre, pour respirer. De grandes respirations abdominales suivies de respirations complètes, on apprend à étirer notre souffle, à coordonner le souffle à chacun de nos mouvements, à amplifier nos respirations jusqu’à l’arrêt poumon plein et l’arrêt poumon vide. On se remplit, on se vide. Totalement. Pendant ce temps, l’esprit, le corps, se nettoient. S’alignent. Se réénergisent.

Quand je sors d’une séance, je suis en paix. Sereine et pleine de vie. Libérée des tensions, des pensées parasites. Je marche plus droite, je me tiens mieux, mon corps est libéré, assoupli, et empli de vie. Mon cœur est léger, et en sortant du bâtiment j’ai toujours la même sensation : celle de renaître à la vie.

J’étais là, tout près, dans le bâtiment d’en face, toute la matinée. Penchée sur mon écran, serrée dans mes vêtements, tassée sur mon fauteuil, asphyxiée dans une salle poussiéreuse, lobotomisée par des contraintes et des obligations qui perdent leur sens. Et après ma séance de yoga, je me reconnecte avec l’essentiel. L’air, la terre, le corps, je suis là toute entière, je respire la vie dans chaque petit atome et dans chaque particule d’air, de vent, de poussière, dans chaque rayon de soleil ou dans chaque goutte de pluie. Aujourd’hui j’ai accueilli en moi l’air glacial qui sentait bon, cette odeur si particulière du froid sec.

Depuis deux jours, j’ai renoué avec une amie. Une amie que je n’ai jamais vue, je ne connais ni son visage ni le son de sa voix, et pourtant nous partageons tellement.

Et puis aujourd’hui, j’ai vu deux vidéos qui m’ont inspirée. Une qu’un collègue que j’aime bien m’a envoyée, et une sur laquelle je suis tombée dans le train en farfouillant le net au gré de mes clics.

Je me rends compte, que dès que je parle à nouveau ou que j’écoute ou que je lis des choses inspirantes, je renais. Je me souviens, d’un seul coup, pourquoi je suis là et j’ai à nouveau envie de créer, d’être moi et de vivre pleinement. Alors j’inspire. Et j’expire.

Voici ci-dessous la video qui m’a inspirée ce soir :

http://ares06100.skyrock.com/3237004239-BONJOUR-TOUS-NEWS-UN-NOUVEAU-MESSAGE-EN-CE-DIMANCHE-QUI-VIENT-S.html

(je suis nulle je ne sais pas inclure une vidéo, alors pour l’instant je vous mets seulement le lien… promis j’essaierai de me former la prochaine fois !)

 

Angoisse

Lassitude

Presque deux mois que je n’ai pas écrit de post ici. J’ai un peu honte…

J’ai du mal à survivre à l’hiver, cette année. Je suis régulièrement plongée dans des pensées négatives, happée par un état dépressif que je n’ose appeler dépression de peur que ça ne devienne durable.

Le froid, le gris, pèsent vraiment sur mon moral. Je ne l’ai pas ressenti comme ça les années précédentes, mais cet hiver gris et froid aura presque eu ma peau. Je survis, en m’accrochant à chaque rayon de soleil, en sortant dès qu’il fait doux, en regardant le calendrier et les jours qui rallongent.

Je suis à l’agonie. Je renais doucement, je sens que l’optimisme et le renouveau des projets ne sont pas loin mais je retombe encore souvent dans la léthargie. Je continue à hiberner, à n’avoir envie de rien, à me blottir sous un plaid devant la cheminée, à me coucher tôt et à bouquiner sous une couette épaisse surmontée d’une couverture douce en polaire au lieu de travailler mon roman, au lieu de me bouger et d’avancer.

Je prends les choses en main, comme je peux, avec ce que je peux. J’essaie d’agir sur mon humeur en mangeant mieux, en sortant dès qu’il y a du soleil, en profitant d’une soirée à deux au lieu de culpabiliser de ne pas écrire.

J’ai troqué les tartines du matin par des flocons d’avoine, des fruits secs et du lait d’amande. Je m’efforce de faire mes positions de yoga un peu chaque jour, ou au moins des étirements. J’essaie de soigner mon corps pour guérir mon esprit.

J’essaie aussi de chasser les mauvaises pensées. La colère, la rancœur. Je la dis, je la montre, et puis je la laisse partir. Je laisse la place à autre chose. Et souvent c’est le calme et la sérénité qui viennent ensuite.

Certains jours je suis en colère contre la terre entière, contre l’humanité qui ne comprend rien, contre moi, contre mon entourage qui n’est pas exactement ce que je souhaiterais qu’il soit. Et puis, ça aussi, ça passe.

J’attends. J’attends impatiemment que la folie créatrice me reprenne, j’attends que les feuilles des arbres s’ouvrent, j’attends de pouvoir ouvrir les baies vitrées et de pourvoir sortir et entrer sans perdre 15 degrés. J’attends de sentir le soleil sur mon visage et mes bras lors de mes footing sur la plage. J’attends de ranger mes manteaux au placard.

J’attends et j’essaie de profiter quand même en attendant. D’un câlin sous la couette, d’un feu de cheminée, d’un bon bouquin, d’un compliment sur mon travail, des rires avec ma collègue, d’une partie de foot avec les enfants dans le couloir du haut. De leurs rires, de leurs cris. De leurs câlins, de l’amour.