Ecriture, Etre heureux

Laisser faire et observer

J’ai longtemps été impulsive. Je voulais tout, tout de suite, j’avais besoin de décider et d’agir. J’ai du mal à supporter que ma vie ralentisse, qu’elle se fige, je voudrais que tout soit toujours en mouvement, j’aime quand ça part dans tous les sens, j’aime la nouveauté, je suis excitée par le moindre projet qui me sortirait de mon quotidien.

J’ai donc en permanence beaucoup d’idées et de projets en tête, et je fais des plans. J’anticipe, je programme, je décide, j’organise mes projets, l’un après l’autre ou le plus souvent, plusieurs en même temps.

Cette façon de faire a plusieurs inconvénients. Il m’est déjà arrivé (souvent) de me lancer dans un projet sans avoir trop réfléchi et sans vraiment savoir si, concrètement, dans sa réalisation, ça me plairait. Tout ça parce qu’un jour, j’ai eu une idée, et que le lendemain, je devais agir pour la mettre en place.

Un jour, fin 2015, alors que je me posais mille questions sur une reconversion professionnelle, que je voulais tout plaquer, monter une petite entreprise, j’ai vu un psy. Un psy d’une grande finesse, que je n’ai vu que deux fois car je n’en avais pas plus besoin que ça, auquel j’ai confié mes angoisses, mes projets qui partaient dans tous les sens, ma difficulté à me projeter, à décider, à agir. Je voulais essayer de planifier et je n’y arrivais pas. Ce psy a eu une réaction qui m’a rendu ma sérénité immédiatement, il m’a dit « n’essayez pas de planifier. Faites ce que vous sentez quand vous le sentez, et vous verrez bien où ça vous mène. Vous avez envie d’écrire ? Écrivez. ». Ce soir-là, je suis rentrée chez moi avec une angoisse en moins : en effet, pourquoi vouloir toujours planifier et anticiper ?

A peu près à la même période, j’ai fait un coaching avec une personne inspirante, qui m’a aussi aidée à y voir plus clair. Entre autres exercices et introspection, le message qu’elle délivrait à la fin du cursus a été pour moi une révélation : si tu souhaites réaliser quelque chose et que tu es en accord avec toi-même, tout concordera pour t’amener où tu veux aller.

C’est un peu mystique, j’adore.

J’ai mis un moment à comprendre vraiment la portée de cette idée, et par d’autres lectures totalement différentes je suis arrivée à cette conclusion : quand on est vraiment soi-même, authentique, et qu’on a le cœur et les yeux ouverts sur le monde, on voit, on repère chaque personne, chaque écrit, chaque circonstance qui peut nous aider à obtenir ce que l’on souhaite, à devenir qui l’on veut être.

Ça paraît très théorique tout ça, un peu spirituel, un peu étrange, mais en réalité c’est au contraire très concret, avec une application immédiate que je vérifie tous les jours. Il faut au départ une bonne dose d’introspection, c’est vrai. De ce côté-là pas de souci, c’est totalement inné chez moi, même un peu trop. Donc apprendre à me connaître, comprendre mes émotions, je sais faire. Et une fois qu’on se connaît bien et surtout, qu’on accepte ce qu’on est sans lutter, alors on peut s’ouvrir au monde. Vraiment s’ouvrir. Et faire les rencontres qui nous mettent sur le bon chemin. Entendre les mots qui nous font avancer, voir les personnes qui nous apportent quelque chose, et se fermer à tout ce qui est négatif pour nous.

Tout ça, c’est très reposant, en réalité. Parce qu’ensuite, en mode « automatique », le cerveau apprend à ne voir que ce qui nous est utile et qui nous fait du bien. Et à juste oublier le reste. Laisser glisser. Ne pas accorder d’importance. Ne pas être perturbé ni déséquilibré.

Concrètement, j’ai compris au fond de moi qu’avant de me lancer dans n’importe quelle activité professionnelle où je risquais à nouveau de me perdre, j’avais besoin d’écrire. Et j’ai écrit (et j’écris toujours) (ici et ailleurs). J’ai essayé d’éviter de me demander pourquoi, pour quel(s) lecteur(s), et comment ça se passerait si je n’étais jamais éditée, et comment ça se passerait si j’étais éditée, aussi, parce que bizarrement, parfois la réussite fait encore plus peur que l’échec… bref, j’ai évité de me poser ces questions (avec plus ou moins de succès, je l’avoue). J’ai rencontré beaucoup de gens qui m’ont dit « ça ne marchera jamais ». Mais vraiment beaucoup, à commencer par mon entourage immédiat. Je ne les ai pas écoutés. Je n’écrivais pas « pour que ça marche », j’écrivais pour écrire. J’ai aussi rencontré certaines personnes qui m’ont dit « tu dois tenter, tu as du talent ». Et j’ai choisi de n’écouter que ceux-là, évidemment ! J’ai cru en moi, j’ai envoyé mon projet, en me disant « on verra bien ! ». J’ai été contactée, par une toute petite maison d’édition. Je n’avais pas envoyé beaucoup de manuscrits, j’avais encore d’autres éditeurs à cibler, j’aurais pu attendre. J’ai choisi de répondre, tout de suite, à Anne, parce que j’avais un bon feeling. Je n’ai pas anticipé, je n’ai pas réfléchi, je ne me suis pas dit « ça pourrait être mieux payé ailleurs ». J’ai juste saisi au vol cette opportunité, et quand j’ai rencontré Anne, j’ai su que j’avais fait le bon choix. Parce que tout ça n’est pas une question d’argent, mais de feeling. Je sens que ça va fonctionner parce que tout concorde. Toutes mes intuitions sont positives, je n’ai aucune appréhension, aucune angoisse, juste une grande joie.

Dans cette toute petite maison d’édition, j’ai croisé des regards bienveillants, j’ai été accueillie par des personnes qui croient en moi. Et on va faire équipe. Et je me laisse porter, sans anticiper, sans me projeter. Pierre après pierre, l’édifice se construit, doucement. Doucement mais avec des pierres solides.

Un jour, je regarderai derrière moi et avec le recul je verrai toutes ces choses qui se sont agencées parfaitement pour m’emmener exactement où je voulais aller. Il n’y qu’à ouvrir les yeux, bien grands, pour ne rien rater…

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Ecriture

Et puis un jour…

Elle s’appelle Anne.

Elle m’a appelée, c’était un mercredi. Un mercredi de mai, et mon téléphone n’a pas sonné. Parfois, free me fait des blagues, on m’appelle, ça ne sonne pas, j’ai un message sur mon répondeur et je ne l’ai pas immédiatement.

C’est ce qui s’est passé pour Anne. Elle m’a appelée un mercredi, et je n’ai eu son message que le lundi. On partait pour la journée en Belgique, et juste avant de partir, j’ai eu son message. Je l’ai écouté un peu distraitement, pensant réécouter un vieux message, j’ai mis du temps à comprendre.

Et puis, certains mots sont arrivés, quand même, jusqu’à mon cerveau. Edition. Intéressés. Votre projet. Rappelez-moi.

J’ai rougi, transpiré, blêmi, je ne sais plus, mais j’ai balbutié à Monsieur qui installait déjà les enfants dans la voiture « attends, tu sais quoi ? Un éditeur m’a appelée ! Un éditeur !!! Tu te rends compte ? Je vais rappeler, tout de suite, il faut que je rappelle. »

C’était le lundi de Pentecôte. Anne n’a pas répondu. Monsieur m’a engueulée « mais enfin, on part ! tu fais quoi ? ».

A contrecœur, je suis montée dans la voiture. J’ai opté pour un SMS « je viens d’avoir votre message, je vous appelle demain matin ». Elle n’a pas répondu tout de suite. Et puis, vers 11h, en Belgique, j’ai eu son SMS « je peux vous appeler tout suite ? ». Il y avait du monde autour de moi, de la musique, les enfants qui couraient partout, le réseau pas terrible… J’ai répondu « je préfère demain matin » et elle a dit « ok appelez moi demain matin ».

Et voilà comment, le mardi matin, je parlais avec Anne, éditrice. J’écoutais Anne, plutôt, m’expliquer comment ça pouvait se passer. Certains mots ont été particulièrement doux à mon oreille « très intéressés », « publication », « signatures en librairies », « contrat à lire ».

J’ai parlé une demi-heure avec Anne. J’étais en retard à une réunion de travail. Plus d’une demi-heure de retard, et tout d’un coup ça n’avait plus d’importance. Je suis entrée dans la salle de réunion, détendue, avec le sourire, me suis vaguement excusée « un appel important » et c’est tout. Ca n’avait plus d’importance. Plus rien d’autre que les mots d’Anne n’avaient d’importance.

Et puis, elle m’a envoyé un mail. Un contrat. On a pris rendez-vous. J’ai pris un billet de train. J’avais rendez-vous avec un éditeur. Un rendez-vous à Paris, le 8 juin à 11h. C’était un jour de grève, mais je m’en fichais. J’étais prête à tout.

Le 8 juin, c’était hier.

Sereine, heureuse, j’ai pris le TGV pour Paris, habillée simplement avec l’idée d’être moi-même le plus possible. J’étais en avance. J’avais prévu large, arrivée à la gare du Nord à 9h15 pour mon rendez-vous de 11h. J’ai pris la ligne 5, suis descendue à la gare d’Austerlitz. Il faisait beau, il faisait chaud. Je regardais Paris comme rarement je l’avais vue. Sous le soleil, les parisiennes en jupes et sandalettes, un air d’été avait envahi la capitale et mon bonheur lui donnait bonne mine. Paris n’a jamais été si belle que ce 8 juin.

J’ai flâné. Pris un café et un muffin face à la rue, j’observai les gens, rêveuse, comme à l’aube d’une nouvelle vie. L’heure passait, doucement, tranquillement, chaque minute était délicieuse. Puis je me suis levée et ai marché pour rejoindre l’adresse que j’avais notée. Je me laissai autant guidée par mon petit plan de Paris que par mon intuition.

J’ai franchi la porte de la maison d’éditions un peu en avance. Une petite boutique sur la rue, des livres plein la devanture, je suis entrée et j’ai dit « j’ai rendez-vous avec Anne, je suis un peu en avance ». On m’a souri. On m’a présentée rapidement au patron et puis on m’a conduit dans le bureau d’Anne. J’ai eu comme un coup de foudre. Je me demandais à quoi pouvait ressembler une jeune femme qui travaille dans une maison d’édition. Sa voix, son ton m’avaient déjà été agréables au téléphone mais lorsque je l’ai vue, j’ai su que ça ne pouvait que bien se passer. Une jeune femme, belle, lumineuse, avec de grands yeux verts étonnés et bienveillants. Un débardeur noir, un pantalon large coloré, des sandalettes plates, les cheveux relevés. J’ai souri à Anne, qui m’a souri, on était heureuses de se rencontrer, je crois.

J’étais un peu émue, un peu impressionnée, mais je ressentais une grande sérénité. Comme si rien ne pouvait mal se passer vu que je venais parler de ce projet si intime où j’avais mis déjà toute ma sensibilité. Comme si j’étais là où il fallait, à ma place.

Anne m’a présentée au patron. On s’est installées dans son bureau, il a parlé un long moment. M’a expliqué leur philosophie, leur fonctionnement, leurs dernières sorties et les sorties à venir. Les jolies histoires avec certains auteurs, et aussi ce qu’ils attendaient de moi. Je n’ai pas beaucoup parlé. J’ai écouté attentivement, et réagi spontanément. A la fin, il a souri, s’est adressé à Anne et lui a dit « je crois que ça va bien se passer » d’un air de dire « elle me plaît ». Anne a acquiescé en souriant.

Puis nous sommes sorties de son bureau et avons continué la conversation à deux, puis à trois avec la community manager. On m’a présentée aussi à la responsable presse, et puis Anne et moi sommes sorties boire un café. Comme des copines. On a papoté du livre, du fond, de la forme, du titre, et aussi des actions à mener pour la promotion dans les librairies et auprès de la presse locale, sur les réseaux sociaux. On a parlé de nous, aussi. Simplement, facilement, spontanément.

Elle avait un autre rendez-vous, elle m’a quittée rapidement, un peu en retard. Je me suis retrouvée seule sur cette petite place ensoleillée. J’ai envoyé deux textos.

J’ai un éditeur. Je suis auteur, j’ai un éditeur, mon livre va être fabriqué, vendu, des communiqués de presse vont être faits pour moi, pour lui, pour mon projet. Je vais parler de moi, de ce que j’ai vécu, je vais partager mon témoignage avec ceux qui voudront m’entendre, je vais aller signer des exemplaires de mon livre dans les librairies, je vais être référencée dans toutes les grandes librairies, sur Amazone, Fnac.com, et tous les autres sites de vente en ligne. Moi. Mon livre.

Je vais devoir me bouger. Y a du taf, de relecture et de correction d’abord, de rédaction de 4è de couverture, de brainstorming pour améliorer le titre, et puis ensuite, de diffusion. Anne m’a l’a dit, pour que ça marche il faudra être dynamique. Présente. Prête à bouger, prête à réagir.

Je le suis.

Prête.

 

 

 

liberté, souffrance

Acceptation et lâcher prise

Difficile en ce moment.

Du très bon et du moins bon se côtoient, au quotidien. Je nage dans une douce torpeur puis je plonge dans l’angoisse. Tous les jours, cette boule dans le ventre, vers l’estomac. Une boule d’angoisse ou autre chose, je ne sais pas. C’est là, depuis un moment, je ne sais pas dire quand, et ça ne bouge plus. Pourquoi ? Jusqu’à quand ? Je ne sais pas. Bon au moins, ça me fait maigrir, ça me coupe l’appétit…

Je vis au jour le jour, j’attends, je patiente, avec la sensation que quelque chose va arriver bientôt. Sans doute plusieurs choses, sans doute ma vie aura changé avant la fin de l’année.

Je me sens un peu différente. Plus calme, plus sereine, plus confiante. Il y a quelques raisons à cela, dont je ne peux pas (encore ?) parler.

Mais surtout, je crois que je maîtrise beaucoup mieux l’art du lâcher prise. Ce n’est pas encore parfait, je me laisse parfois rattraper par les pensées stériles et angoissantes qui ne font rien avancer et qui sont douloureuses. Et puis, je respire. Je prends un peu de hauteur. J’accepte.

C’est fou, ce qu’il peut y avoir dans ce mot. L’acceptation. J’ai mis longtemps à comprendre ce qu’il recouvrait vraiment. J’accepte les situations qui se présentent, j’accepte les difficultés, j’accepte mes ressentis, mes angoisses, mes colères, ma tristesse. Je ne lutte plus contre. Je fais avec. Et ça change tout.

Aujourd’hui je suis rentrée du travail avec une pensée obsédante en tête. Belle et pénible, douloureuse, en même temps. J’ai cru que j’allais devenir folle tellement elle prenait de la place, tellement elle m’empêchait de profiter du quotidien. J’étais là mais je n’y étais pas. Et puis, par un mécanisme dont j’ignore presque tout, j’ai tout d’un coup pris du recul, ouvert les yeux et l’évidence s’est imposée : là, tout de suite, je ne peux rien y faire, je ne peux rien y changer. Alors ces pensées obsédantes n’ont pas leur place. Je peux penser à la même chose de façon plus sereine, juste en acceptant l’incertitude et l’attente.

Et je me suis apaisée. Immédiatement. J’ai vu la situation sous un autre angle. Je me suis dit que j’avais de la chance, parce qu’il y a aussi du positif dans cette situation, et je n’ai plus pensé qu’à ça. La beauté des choses.

Ca va revenir, sans doute. Peut-être dès que je fermerai un œil. Mais ça ne fait rien, je sais comment y remédier, maintenant.

Etre calme, accepter et lâcher prise, m’aide à vivre de façon sereine des situations compliquées et potentiellement douloureuses. M’aide aussi, à rester plus objective et à ne pas agir dans la précipitation et l’impulsivité.
Ca ne veut pas dire qu’il n’y a plus de souffrance ou d’angoisse. Elles sont toujours là, mais moins pesantes. Moins destructrices. Et elles se taisent par moment, elles me laissent souffler et me reposer.

Combien de temps cela me prendra, de me libérer de toutes mes chaînes ? Combien de temps encore, vais-je être sous l’emprise de ces sentiments de responsabilité, de culpabilité, de devoir ? Est-ce qu’un jour on peut être vraiment libre de tout ça ?

 

liberté, rêves

Quitter la peur

Il y a ceux qui agissent et il y a ceux qui rêvent.

Ceux qui rêvent de changer de vie, qui rêvent d’un autre métier, qui rêvent d’être autrement ou avec d’autres personnes mais qui sont pétris de peur.

Ceux qui voudraient, qui aimeraient, mais qui résistent. Qui se trouvent des excuses, plus ou moins bonnes, pour se convaincre que ce n’est pas possible, pas maintenant, pas comme ça, pas dans cette vie, tant pis.

Ils finissent par renoncer à leurs rêves parce qu’ils ont peur. Ils contrôlent toute leur vie, ils ont tout bien balisé, tout est organisé, orchestré, les réponses sont codées, vérifiées, passées au crible de la raison et de l’objectivité. Rester rationnel, à tout prix, parce que c’est rassurant. Connu. Sur le papier, ça fonctionne. C’est raisonnable, juste, mesuré.

Ils pensent et rêvent à autre chose mais jamais ils n’imaginent vraiment que ce soit possible. Et si c’était vraiment possible ? Et si la vie qui nous ressemble, celle qui est faite pour nous, attendait seulement qu’on arrête d’avoir peur ?

La peur, elle est là, tenace. Elle tient bon, elle s’accroche à la moindre pensée rebelle, elle s’est invitée il y a longtemps, elle a été déposée là par les phrases maintes fois entendues sur le risque, sur la bien-pensance, sur les valeurs judéo-chrétiennes transmises par nos ancêtres.

Et puis un jour, on se demande pourquoi. Pour qui. On remet en cause les évidences que l’on se répète sans même s’en rendre compte depuis des décennies. On les regarde différemment, on se demande finalement à quoi elles servent, pourquoi elles sont là et on essaie, tout doucement, d’en oublier quelques-unes.

Je suis convaincue que tout est possible. Que ceux qui osent ne sont pas bien différents des autres, ils ont juste décidé d’agir malgré la peur. De ne pas l’écouter. Peut-être ont-ils plus conscience que d’autres, que cette peur n’a aucune raison d’être, et qu’elle nous enchaîne sans vraie raison.

Peur de quoi ? Peur de tout ! Peur de l’inconnue, peur de perdre, peur de se retrouver vraiment face à soi-même, peur de ne pas maîtriser, de ne pas contrôler, peur de devoir agir sans filet et sans expérience, neuf dans cette quête de soi-même.

Changer sa façon de voir la vie, accepter malgré les freins qu’autre chose est possible, et se dire ensuite « mais pourquoi pas ? ».

Pour cela j’ai un plan, pour tromper mon cerveau. Je liste ce qui me fait peur, et j’essaie de réfléchir au risque encouru. Est-ce vraiment un risque ? Si oui comment l’éviter, et surtout, s’imaginer dans la pire des situations et se demander « et alors ? Serait-ce si grave ? ». Nos peurs sont souvent totalement irrationnelles. On peut toutes les nommer, les comprendre, pour arriver à les faire disparaître. Comme un fantôme dont on a peur, enfant, car il fait noir. On allume la lumière et le fantôme disparaît. Et la peur avec.

Mettre la lumière sur nos plus grandes peurs et les affronter, face à face.

S’abandonner à vivre, s’abandonner à être soi-même sans retenue, sans jugement, et observer tranquillement, sereinement et avec confiance la magie opérer. Car il s’agit bien de magie. Aligner ce que l’on est, ce que l’on veut et ce que l’on fait, et sentir au fond de soi la sérénité progresser, la confiance revenir.

Accepter de ne pas tout contrôler, de ne pas tout anticiper, faire confiance à la vie, aux rencontres et au hasard, et s’en remettre à cette merveilleuse mécanique qui s’enclenche pour mettre sur notre route tout ce dont nous avons besoin. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux, tout est là.

 

liberté

Vers le coin de ciel bleu

Quand on s’accroche, coûte que coûte.

Quand on comprend un jour qu’on ne peut pas aller plus loin, mais qu’on essaie quand même, jour après jour, de repousser les barrières, de foncer dans les murs, d’entamer des brèches en pensant pouvoir continuer ce chemin.

Quand tout se referme autour et qu’on n’avance plus. Quand on regarde derrière soi et que le chemin se referme, alors on comprend qu’on a fait fausse route. Qu’on est tout au bout. Acculé dans une impasse. On peut s’asseoir là, pleurer, désespérer, ou encore regarder autour de soi et faire semblant de trouver qu’on n’y est pas si mal. Se mentir. Se voiler la face juste parce qu’on ne perçoit aucune solution, juste pour tromper son esprit. Se rassurer comme on peut, et se trouver bien, là, finalement. Un bon coussin, une bonne télé, et pourquoi pas ?

On peut aussi choisir de prendre un peu de recul. De regarder les choses d’un peu plus loin, même si c’est difficile. On est là, dedans, englué au milieu, étouffé par l’étroitesse des choses, et il faut s’en extraire un peu pour regarder ailleurs. Un peu plus haut, juste un peu, et on perçoit ce trou où on est. Ces murs qui nous entourent. On en perçoit juste le contour, on devine l’étroitesse, et surtout l’absence de chemin. On est à l’arrêt. On s’est arrêté parce que dans ce chemin-là, on ne peut plus aller plus loin. Il n’y a plus rien. Plus d’ouverture, plus de possibilité, juste s’arrêter.

Si on s’éloigne encore un peu, on peut distinguer le chemin déjà parcouru. Avec de bonnes jumelles on peut deviner que dès le départ, ce chemin semblait avoir une fin. Mais on a voulu essayer quand même. Il ne paraissait pas si mal, on y est allé confiant en se disant « on verra bien ! ».

Et puis, si on prend vraiment de la hauteur (c’est vertigineux à cette altitude et ça donne un peu le tournis), on la voit. La porte. La sortie. Il y en a une. Elle n’est pas cachée du tout, on s’était dit depuis le départ qu’on la prendrait en cas de problème mais là, tout de suite, on avait un peu oublié. On l’avait mise de côté et plus le temps passe plus elle est difficile à emprunter.

On voit la lumière, au bout. Un petit coin de ciel bleu, au milieu de ce couloir sombre. On sait bien que c’est là-haut qu’il va falloir aller. Respirer. S’échapper. Et suivre un autre chemin.

Mais là, juste là, je suis tout en bas. Tout au fond. J’ai froid, il fait noir. Je suis triste. Je l’aimais bien, ce chemin. Rassurant, confortable, jusqu’à aujourd’hui. Je regarde là-haut, juste au dessus de ma tête, à portée de main, le ciel bleu. Il est là, il m’appelle. Il faut juste trouver la force de se lever. Juste trouver la force.

liberté

Siddhârta

Il est des relations qui naissent et des relations qui meurent. Des amis qu’on perd de vue, des amants qui se séparent, des couples qui se déchirent, d’autres qui se créent, parfois dans le secret d’un amour impossible. Des êtres que l’on rencontre, un jour, au détour d’une activité banale de notre vie quotidienne, et qui nous font nous sentir vivants. Ceux qui peuvent comprendre et communiquer par un simple regard. Ceux qui nous ressemblent, ou parfois seulement ceux qui ont quelque chose à nous apporter.

Quelque chose est né en nous, un sentiment, une émotion, une petite flamme que l’on peut vite éteindre ou que l’on peut choisir d’entretenir, de faire grandir. Un sentiment d’amitié, de partage, ou un sentiment amoureux. Comme un petit soleil au creux de son ventre, quelque chose qui réchauffe ou qui parfois rallume une impression de vivre.

Il est des êtres, un peu partout, qui peuvent nous faire avancer. Qui se retrouvent sur notre route sans prévenir, qui sont là alors qu’on ne les attendait pas. Ils ont quelque chose à nous dire ou à nous faire comprendre afin d’avancer une pièce de plus dans l’échiquier de notre vie. Un pion, parfois, seulement. Case après case. Certains ne font que passer. Et puis on les oublie, ils ont donné ce qu’ils avaient à donner. On a partagé un moment, ou plusieurs, ou une période, quelques mois, quelques années, et puis c’est tout. Ca s’arrête, comme ça. Parfois naturellement, parfois cruellement.

Ils laissent dans leur sillage un doux parfum de partage. Un doux parfum de bien-être. Ils nous permettent de tenir debout quand tout s’écroule. Quand on ne sait plus. Quand on n’a plus la force. Ils nous aident à nous relever, par un mot, un sourire ou un regard, parfois par leur seule existence, ils sont à eux seuls, une raison de continuer, se relever, affronter.

Il faut savoir écouter son cœur. Savoir laisser partir ceux qui n’ont plus rien à nous apporter. Sans tristesse, sans rancœur, sans peur. Laisser s’éloigner ce qui veut s’éloigner, ne pas s’accrocher à tout prix à une personne ou à un endroit juste pour le poids des habitudes, juste par peur de la nouveauté.

Il y a quelques mois j’ai lu « Siddhârta » de Herman Hesse. Avant de le lire, je pensais que Hesse était un auteur triste et ennuyeux, du genre des classiques qu’on est obligés de lire au lycée. Et puis j’ai lu ce vieux roman qui traînait dans la cave de mes parents et qui en gardait encore une trace olfactive. J’ai lu Siddhârta et j’ai adoré. J’ai lu et relu certains passages et ça a été une véritable révélation. Siddhârta part de chez lui, en quête d’un maître qui lui apportera la vérité, la connaissance. De rencontres en rencontres, il apprend sur lui-même. Et il s’installe, à certaines périodes de sa vie, quelques années quelque part. Siddhârta est libre. Et quand il sent qu’il n’a plus rien à apprendre là où il s’est installé, il s’en va. Sans adieu, sans explications, sans drame. Il prend ses affaires et il dit « je m’en vais ». C’est pour moi une leçon de vie. Savoir dire un jour « je n’ai plus rien à faire ici » et s’en aller.

On a tellement de mal à le faire. On a tellement tendance à vouloir s’accrocher à une relation, à un confort, à des habitudes. J’ai même du mal à me séparer de certaines connaissances, anciennes amies par exemple, qui ne m’apportent plus rien, qui sont loin, physiquement et psychologiquement, parce que j’ai peur. Peur de perdre. Peur d’une fin. Peur de dire stop, peur de mettre un point final quelque part.

Il est des êtres qui nous font avancer ou à qui nous avons quelque chose à apporter. On le sait, on le sent. C’est évident. C’est là, c’est comme ça. Il faut savoir l’accepter, le voir, et le vivre. Parfois au détriment du confort. Parfois malgré la peur. Aller vers l’autre, et voir ce qui se passe. Faire confiance à la vie, parce qu’on a toujours quelque chose à apprendre.

Education, liberté de penser

Liberté de penser et ouverture d’esprit

Parfois, je me sens enfermée.

Je l’ai souvent dit, ici. Aujourd’hui je parle de l’enfermement de nos pensées, de nos actes. Celui dont on se croit libre mais qui nous étreint toujours plus, jour après jour. Je me sens libre de penser ce que je pense ou d’être qui je suis mais je ne suis pas libre du tout.

Quand j’étais petite j’étais enfermée dans le mode de pensée de mes parents, de ma famille. En me soustrayant à ces préceptes, je pense être libre, or je lis, je vois, j’entends, toujours les mêmes choses autour de moi et je ressens, en ce moment, une sorte de rejet, voire de haine des médias et des réseaux sociaux.

L’impression d’être prise dans un filet (le net) dont je me débats pour sortir. L’impression de ne pas pouvoir penser par moi-même. Que toutes mes pensées, toutes mes idées, sont dictées par ces réseaux et ces pseudo-informations qui vont toutes dans le même sens, qui nous emmènent dans une seule voie, celle de la pensée commune.

Tout ce que je vois, tout ce que je lis, traite des mêmes sujets, de la même manière. Je pense que depuis des mois je peux compter dix sujets qui reviennent sans cesse et dont on ne peut pas sortir. Tout est mode. Même les pensées sont à la mode, parce qu’on ne décide pas, on lit et on relit, on regarde, on zappe, et on pense finalement ce que tout le monde pense. On a les mêmes discussions avec tout le monde, on utilise les mêmes mots, les mêmes expressions, on se donne les mêmes objectifs, par génération.

En ce moment, les femmes de ma génération mangent des bouddha bowls, des graines et des céréales bio. Des salades de quinoa et des avocats. Elles consomment tout bio et font leurs produits d’entretien maison, se lavent avec du savon sec et fabriquent leur dentifrice. Elles marquent sur Facebook des défis du genre « ça y est, je me lance dans le zéro déchet ! » ou « mon prochain challenge : ne plus rien acheter de neuf ». Elles ont un composteur dans leur jardin et se font livrer un panier bio. Elles vont à un cours de yoga et apprennent à lâcher-prise, elles savent ce que veut dire « charge mentale » et font du Montessori avec leurs enfants. Elles accouchent sans péridurale (ah non, les femmes de ma génération n’accouchent plus, c’est vrai, j’ai un peu vieilli) dans des salles nature et écoutent en replay les maternelles leur expliquer comment soulager leur périnée avec un ballon de gym.

J’en peux plus. Franchement, j’en peux plus. Tout ça c’est bien hein, je ne critique rien de tout ce que j’ai nommé plus haut, ce que je ne supporte plus, c’est qu’on n’a plus le choix de penser comme on veut. C’est qu’on ne peut plus rien lire ou entendre qui ne se rapporte toujours aux mêmes choses. Je me suis abonnée aux articles de sciences et vie et d’une autre revue scientifique et c’est ma bouffée d’oxygène. Enfin, je lis un peu autre chose que les régimes vegan et les péripéties de Manu aux Etats-Unis.

On le sait, sur internet, dès qu’on fait une recherche, on est « poursuivi » par le résultat. On ne voit plus que ça, on ne lit plus que ça.

En ce moment, je tourne en rond. Je voudrais m’ouvrir à autre chose, discuter d’autre chose, lire autre chose. Comment faire ? Même en arrêtant totalement les réseaux sociaux, je ne peux m’extraire de tout. Télé, radio, journaux, revues, même combat. Toujours les mêmes informations, les mêmes débats, les mêmes idées.

Je veux du neuf. Mon cerveau a besoin d’être stimulé par des choses nouvelles. Il faut retrouver un mode actif pour s’informer, peut-être. Arrêter de croire que tout va venir à nous et chercher les vraies informations. Fouiller. Fouiner. Réfléchir et chercher. On ne sait plus vraiment faire, en fait. On allume son téléphone ou sa tablette, on ouvre son appli presse ou un réseau social et on avale les pages de pseudo-information comme des automates, prêts à tout engloutir en triant à peine. En lisant avec le même (non) intérêt un article sur la disparition progressive de la banquise ou sur le tailleur blanc de Brigitte Macron moins blanc que celui de Melania Trump. Parce qu’on pense qu’on n’a pas le choix. Ou plutôt, parce qu’on est persuadés de choisir ce qu’on lit alors qu’on ne choisit rien. Le net trie à notre place, pour nous offrir de la lecture de plus en plus mauvaise et de moins en moins variée.

Je ne sais pas exactement ce qu’il faut faire. Lire des romans au lieu de parcourir de mauvais article d’une mauvaise presse ? Se faire sa revue de presse seul en passant des heures dans les kiosques ou les relay de gare ?

J’ai le souvenir, un souvenir figé, intemporel, de mon père en train de lire son Figaro. Toute sa vie, il n’aura lu qu’un seul journal. Ah non, parfois, en voyage, contraint, il a lu Le Monde aussi. Nous aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir nous ouvrir à plusieurs journaux, plusieurs façons de voir la même actualité, pour espérer prendre un peu de recul, tenter de se faire sa propre opinion. Mais à force de diversifier, on ne lit plus rien vraiment. On parcourt les titres, parfois on lit un paragraphe, et on se contente d’un début d’information. Je ne sais pas si c’est mieux, finalement. L’impression de passer plus de temps à trier qu’à lire. A tout savoir instantanément, et pourtant à ne rien connaître.

Parfois, j’aimerais ne plus rien savoir du monde.

Ne pas voir, ne pas entendre. Retrouver un cerveau de nouveau-né, vierge, et tout recommencer.

Parfois je parle de quelque chose à mes enfants, et ils me posent des questions. Alors je réalise que pour eux ce domaine est vierge. Vierge d’information. Ils ne savent rien. Et ce que je vais leur dire va poser les bases d’une case, dans un coin de leur esprit, une case ouverte sur un sujet où viendront se ranger les informations qui y seront relatives. C’est moi qui ouvre leur case. Et je fais toujours bien attention aux mots que j’utilise. Au ton que j’utilise. Afin de toujours laisser ouverte, en eux, une petite interrogation, une ouverture. Juste un questionnement, un peut-être, un « je pense que » au lieu d’une phrase trop affirmative, et j’espère qu’ils sauront laisser des points d’interrogation un peu partout, pour avoir toujours en tête que tout ce qu’ils entendront, tout ce qu’ils liront, tout ce qu’ils verront, sera irrémédiablement teinté de subjectivité. Qu’ils ne liront, n’entendront, qu’une version de la réalité. Et qu’ils pourront se créer leur version de leur réalité, qu’ils laisseront, je l’espère, en perpétuelle évolution.

Quand je pense à la responsabilité que j’ai, que nous avons, nous les adultes, quand nous leur parlons, ça me donne le vertige. Et quand j’entends des personnes de mon entourage leur dire, un jour, à propos de quelque chose de tout à fait anodin, « on fait comme ça parce que c’est comme ça », je ressens comme une légère nausée. Comme si je savais que j’aurais beau œuvrer, jour après jour, pour ouvrir leur pensée, je ne pourrai jamais empêcher le reste du monde, en entier, de la leur fermer. De mettre des points finaux. De condamner certaines cases. J’espère qu’ils trouveront la clé pour les rouvrir, un jour…

 

J'aime / J'aime pas

J’aime / J’aime pas

Pour mon cerveau en vacances, un petit « j’aime/j’aime pas » pour changer des articles trop sérieux…

On commence par le négatif pour finir sur une touche de bonheur.

J’aime pas :

  • les confettis. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça là maintenant mais balancer des petits morceaux de papier colorés qui vont obstruer les égouts et s’accrocher dans l’herbe, ça me saoule.
  • les canapés en cuir. Ouais bon chacun ses goûts, j’ai cédé et je regrette, j’ai froid l’hiver, chaud l’été (ah non c’est vrai, j’habite dans le Pas-de-Calais), les coussins glissent dessus quand on s’assoit ainsi que les petites fesses des troizan et demi qui adorent y jouer au toboggan et terminer leur course sur la table basse. Bref, pour tout un tas de raisons, j’aime pas les canapés en cuir.
  • le RER. Heureusement je m’y confronte rarement mais j’ai toujours et irrémédiablement l’impression que je vais mourir quand je dois le prendre. De chaud, de dégoût, de peur, d’étouffement à l’arrêt dans un tunnel, je ne sais pas. Mais je vais mourir quand je monte dedans.
  • sortir du lit à la hâte le matin quand le troizan et demi hurle depuis sa chambre.
  • sortir du lit tout court, en fait.
  • les frites molles et pas assez cuites. (aucun intérêt cette information, je vous l’accorde. Mais il fallait que vous sachiez).
  • les gens qui écrivent des livres nuls mais qui se vendent bien.
  • Quand mon conjoint se moque de moi parce que je lui dis que j’ai une douleur dans la poitrine et que je vais mourir d’un infarctus dans quelques heures. Je ne comprends pas pourquoi il ne me prend jamais au sérieux. Bon c’est vrai, depuis qu’on est ensemble j’ai dû lui dire 520 fois que j’allais mourir. Mais ce sera bien vrai un jour, non ? Bref. En tout cas, c’était pas aujourd’hui, finalement.
  • avoir de l’eczéma au bout des doigts.
  • faire les boutiques. Je ne dois pas être une vraie fille, je ne sais pas. Toujours est-il que je me défile toujours quand une copine me propose une sortie shopping. J’ai piscine, j’ai plus un rond, j’ai mangé un gâteau au chocolat et je ne peux décemment pas me regarder dans une glace, je ne suis pas épilée, mon chat est mort, mon fils est malade, tout est bon : j’y vais pas.
  • faire la fête avec plein de gens. Le concept soirée du 31 décembre, anniversaire déguisé, 40 ans surprise d’une copine, enterrement de vie de jeune fille, j’ai horreur de ça. Comme pour le shopping, j’ai toujours une excuse.
  • les gens qui roulent lentement et qui hésitent à chaque croisement. Je n’ai aucune tolérance, je sais, mais je deviens dingue. Et grossière. Idem pour ceux qui s’arrêtent à un rond-point même quand il n’y a personne.

 

J’aime :

  • me glisser sous la couette le soir, seule avec un bouquin (ou bien accompagnée aussi, mais c’est une autre histoire).
  • faire la position sur la tête au yoga et défier la pesanteur. Et le bien-être absolu qui en découle ensuite.
  • le café brûlant au réveil.
  • bêcher mon potager et avoir des courbatures dans le dos le lendemain. Et dans les jambes. Et dans les pectoraux. Et des ampoules dans les mains.
  • courir seule sur la plage ou dans les dunes.
  • l’odeur de la peau du troizan et demi. Un mélange de brioche, de vanille, de biscuit, c’est indescriptible.
  • les paysages de printemps. Le vert tendre des jeunes feuilles, les fleurs partout, l’herbe grasse et verte, la lumière revenue qui étonne encore un peu.
  • dormir nue. Malheureusement depuis que j’ai des enfants qui m’obligent à me lever la nuit c’est moins pratique.
  • les fondants au chocolat. Coulants à cœur. Et au beurre salé.
  • quand mon six ans et demi n’a plus de voix. Ca me fait tellement rire. Et tellement de bien aux oreilles…
  • rencontrer des personnes avec qui on peut parler de choses très intimes au bout de cinq minutes. Parce que ça passe. Parce qu’on se comprend et que c’est évident. Parce qu’il n’y a pas de jugement, seulement de l’écoute.
  • fêter le non-anniversaire d’un troizan et demi qui n’en pouvait plus d’attendre pour souffler des bougies et manger un gâteau « mais sans cadeau hein, maman, parce que ce n’est pas vraiment mon anniversaire… » .
  • ouvrir un œil le matin et voir qu’il est 7h passé et que personne ne m’a encore réveillée.
  • entendre leurs petits pas dans le couloir et leurs chuchotements « tu crois qu’on peut descendre ? Viens, on va allumer la télé… ».

 

 

Projet, Vacances

Vacances de printemps…

Une semaine de vacances en famille. Une semaine sans penser au travail, à ce travail alimentaire qui occupe 80% de mes jours ouvrables. Une semaine sans lire ses mails, à elle qui décide, qui impose, qui questionne, qui surveille, qui demande, qui gère tout. Une semaine où mes pensées pourront se concentrer sur mes projets, où j’espère avancer, réfléchir, écrire mes pensées en vrac sur mon carnet comme un brainstorming, mettre des astérisques devant les meilleures idées ou les termes qui parlent le plus. Ecrire en vert, en rouge, en bleu, et donner du contenu, petit à petit, à ces idées qui s’agencent doucement.

Essayer de lutter contre mon pote le syndrome de l’imposteur, celui qui me dit « tu n’as pas de formation », « tu n’as pas fait d’études dans cette branche », « qui es-tu toi pour penser que tu pourras apporter quelque chose aux gens ? ». Le problème c’est que ce syndrome n’est pas seulement dans ma tête, il est largement partagé autour de moi et je sais que je vais le revoir passer lorsque je commencerai à parler de mon projet. Pour l’instant, je me tais. J’en ai parlé à mes amies les plus proches, à mon conjoint, mais c’est tout.

Les autres nous renvoient tellement leurs propres peurs et croyances limitantes… il en faut de la force pour aller contre ses propres peurs et contre la peur des autres aussi. On peut choisir de ne pas les écouter, mais ce n’est pas si facile. On est tellement influençable quand on a un projet. On est à l’affût des avis des autres. On aimerait tellement entendre « trop géniale ton idée ça va marcher c’est sûr ! » et on entend « ah bon, oui peut-être.. t’es sûre ? » ou « mais tu sais, ce n’est pas si facile de créer une entreprise ». Je pense qu’il faut écouter, un peu, et puis prendre du recul, surtout (sur tout). Il faut se faire confiance, beaucoup, mais prendre quand même les conseils qui nous font avancer. Ceux qui sonnent juste, ceux qui résonnent. Ceux qui sont constructifs et qui ne visent pas au découragement.

Entendre un peu, mais pas trop. Et croire en soi, beaucoup, passionnément. Se répéter qu’on a du talent et qu’on va y arriver.

Commencer petit, aussi. Commencer au minimum, sans attendre d’être totalement prêt, totalement formé, totalement sûr de soi car ce moment n’arrive jamais. Se lancer, un jour, avec une prestation minimale, dans des conditions minimales, avec un prix minimal. Et ajuster ensuite, avec l’expérience.

J’ai acheté deux livres pour compléter mes connaissances sur les pratiques dont je souhaite m’inspirer, et je pense lire pas mal de choses encore. Tant pour me donner des idées, des outils, qu’une formation que j’espère aussi accélérée qu’éclectique et qui me permettra d’offrir une synthèse de tout ce que j’ai vu, lu, et pratiqué moi-même.

Une semaine de vacances, aussi, pour profiter des moments en famille, écrire, lire, et m’occuper du jardin. Mettre à contribution ces quatre petites mains qui aiment triturer la terre pour planter des fraisiers, des radis, faire un carré potager et pourquoi pas investir dans un petit composteur et une cuve de récupération d’eau de pluie.

Beaucoup d’autres envies pour ces vacances : faire des balades à vélo maintenant que boy number one a enfin compris qu’il savait faire et que non, le vélo n’allait pas le jeter tout seul dans le ruisseau que longe le chemin ; manger une glace sur le front de mer ; boire des mojitos sur la terrasse (d’où l’importance de la menthe dans le jardin !) ; aller à la plage même avec un sweet pour jouer dans le sable ou hurler pieds nus dans l’eau froide ; initier les enfants à la rando ; faire du tri façon Marie Kondo à la maison (entendre jeter et donner le plus possible). Et aussi emmener mon aîné chez ma psy pour parler de sa démotivation à l’école… peut-être un sujet pour un prochain post, mes deux enfants détestent l’école ou comment je vais en chier toute leur enfance…

Une semaine seulement, avec tellement d’envies et de projets que je m’imagine déjà, dimanche soir, avec le blues de la fin de vacances qui passeront forcément beaucoup trop vite.

Etre heureux

Gérer le SPM

SPM…. voilà un bien étrange sigle…

SPM comme Syndrome Pré Menstruel.

Vous savez, ce truc qui fait qu’un matin, sans que vous compreniez pourquoi, vous vous réveillez de mauvais poil, rien ne va, vous avez mal dormi, mal au ventre et envie d’étrangler le premier venu ? (surtout quand celui-ci partage votre lit ?).

Je pense que j’ai découvert le SPM il y a moins d’un an. Dingue, non ? 25 ans que je suis concernée, et ce n’est que maintenant que je comprends VRAIMENT ce truc. Et donc, que je peux le gérer, aussi. Accessoirement…

Un jour, ma collègue et amie est arrivée le matin en me disant « je suis super énervée, en plus je suis en plein SPM ». Et moi « ???? en plein quoi ? » Ah ok, tu vas avoir tes règles quoi…! Je ne comprenais pas trop.

Récemment, j’ai lu un article sur les conséquences des hormones féminines, jour après jour. Et ça m’a bluffée ! Ou comment notre humeur et notre sommeil sont directement liés à ces hormones…

Et c’est comme ça que j’ai appris, entre autre, que la dernière semaine de notre cycle, nous étions plus irritables (bon ça, ce n’est pas une surprise…), plus sensibles à la douleur et à l’inconfort, que notre sommeil était perturbé, la faute à l’augmentation de la température corporelle après l’ovulation qui nous empêche de bien dormir, et que nous avions aussi des difficultés digestives et de concentration.

Quel intérêt de savoir tout ça ? Parce que quand on sait, on gère.

Quand on se lève avec l’envie de se pendre et que le moindre mot déplacé d’un collègue nous donne envie de mordre, quand on n’arrive pas à se concentrer, qu’on a mal au ventre et qu’on rêve de se recoucher avec une bouillotte sur le bas-ventre, il suffit d’un mot dans notre cerveau « SPM » et on se détend.

Et oui, c’est normal. C’est physiologique. C’est hormonal. Et qui dit hormonal, dit aussi passager. Ça va passer. Ce n’est pas le jour de prendre une grande décision, de quitter son conjoint parce qu’il a laissé une odeur suspecte dans les toilettes avant notre lever ou de tenter un semi-marathon en moins d’une heure, on explique, on se chouchoute, on se tait, on respire et… on attend que ça passe… et on n’hésite pas à laisser un petit « désolée pour ce matin, j’étais un poil énervée, je suis en plein SPM » à sa moitié qui n’a pas vraiment compris pourquoi on pétait un plomb pour une chaise déplacée ou des clés qu’on a mal rangées.

Tout ceci m’amène à faire un lien avec un autre article que j’ai lu cette semaine, ou pourquoi les femmes résistent mieux que les hommes à la charge mentale. Parce qu’en réalité, elles sont habituées ! Depuis leur adolescence, habituées dans leur corps et de façon souvent totalement inconsciente, à calculer, prévoir, gérer leur vie en terme de cycles et de périodes. Et avec ça, à gérer de l’inconfort dans leur vie. Tous ces petits tracas, qui paraissent bien souvent anodins quand on ne le vit pas dans son corps, ne sont pas forcément de la douleur mais au mieux de l’inconfort.

Survivre à cette journée où rien ne va, où, alors que rien n’a changé par rapport à la veille, on se sent mal, déprimée, sans énergie, c’est de l’inconfort. Et ça revient tous les mois. On gère, on est habituées.

Quand je pense qu’il faut 20 ans de SPM pour arriver à le gérer !!! (moins les années sous pilule moins les grossesses et allaitements. Oui, ça ne fait pas tant que ça finalement.).

Aujourd’hui, quand je le repère (indice : avoir envie de casser le sèche-cheveux quand une mèche ne tombe pas bien suite au brushing est un bon début…!!!), je le dis à mon conjoint qui, sans vraiment compatir, prend un peu mieux mes sautes d’humeur, et puis j’adapte ma journée. Je supprime tout ce qui n’est pas nécessaire et qui me fatigue d’avance, je mange léger et croque du chocolat noir pour son effet anti-dépresseur, et surtout je conditionne mon cerveau pour ne pas trop penser. Ce n’est pas le jour. Juste accepter cet état comme une étape normale, savoir qu’on ne va pas être au top aujourd’hui et se préserver quelques petits moments de détente dans la journée.

Comprendre et accepter l’effet des hormones sur notre humeur, ne pas lutter, attendre que ça passe…